Le Royaume du Maroc a été reconduit, pour la deuxième année consécutive, au sein du comité exécutif de l’Organisation de la coopération numérique (DCO). Une élection remportée haut la main lors de la cinquième Assemblée générale de l’organisation, tenue au Koweït, où le Royaume a devancé l’ensemble des autres pays candidats en nombre de voix. Ce vote marque une nouvelle reconnaissance internationale de la stratégie numérique marocaine et de son positionnement actif sur les scènes régionale et mondiale.
À cette occasion, la ministre déléguée auprès du Chef du Gouvernement, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a exposé la vision du Maroc face aux mutations accélérées induites par l’intelligence artificielle. Elle a rappelé que l’IA représente aujourd’hui un enjeu géopolitique majeur, appelant à une coopération internationale accrue pour encadrer ses usages, bâtir la confiance numérique et former les compétences nécessaires à une transformation technologique maîtrisée.
La ministre a également présenté les avancées réalisées par le Royaume en matière de gouvernance de l’intelligence artificielle. En 2025, le Maroc a gagné quatorze places dans le classement mondial du secteur, un progrès significatif porté par un cadre réglementaire en pleine évolution, le développement de compétences nationales et une politique d’innovation responsable. Elle a précisé que ces efforts s’inscrivent dans une stratégie de souveraineté numérique, pensée pour accompagner le développement des usages tout en maîtrisant les risques.

Deux projets structurants ont été mis en lumière. Le premier, le hub « Digital for Sustainable Development » (D4SD), fruit d’un partenariat avec le PNUD, positionne le Maroc comme un acteur clé de la transformation numérique durable en Afrique et dans le monde arabe. Le second, inscrit dans la dynamique « AI Made in Morocco », concerne le lancement du Réseau des Instituts Al Jazari. Cette initiative vise à créer des ponts entre recherche, innovation et besoins opérationnels, autour d’un écosystème dédié à l’intelligence artificielle souveraine et inclusive.
La présentation de la ministre s’est conclue par la projection d’un film institutionnel consacré à ce réseau national. Il illustre l’ambition du Royaume de devenir producteur et prescripteur dans le domaine de l’IA, plutôt que simple consommateur de technologies étrangères. Déployé sur l’ensemble du territoire, le Réseau Al Jazari connecte les chercheurs, les startups, les acteurs publics et les grandes entreprises autour de plateformes collaboratives centrées sur l’innovation appliquée.
Le dispositif technologique « Jazari Root » constitue l’ossature de cette architecture. Il associe infrastructures souveraines, plateformes de données, outils mutualisés et capacités de calcul avancées. L’objectif est d’accélérer le développement de solutions concrètes dans des domaines prioritaires comme les villes intelligentes, la gestion des ressources ou les services publics numériques.
Conçu comme un espace ouvert, le Réseau Al Jazari se veut un terrain de codéveloppement, accessible aux partenaires souhaitant contribuer à une IA utile, fiable et durable, alignée sur les priorités nationales. Le Maroc y affirme sa volonté de ne pas subir les mutations technologiques, mais de les anticiper et de les façonner, dans une logique de souveraineté et de développement partagé.




