Les jeunes actifs marocains ne se contentent plus d’intégrer une entreprise, ils attendent d’y trouver une expérience. C’est l’un des constats majeurs de l’édition 2025 de l’étude Multi Generational Engagement menée dans le cadre de la certification Best Places to Work Maroc. La Génération Z, désormais bien installée sur le marché de l’emploi, impose de nouveaux repères et bouscule les modèles établis.
Contrairement aux clichés qui la décrivent comme instable ou détachée, cette génération exprime surtout un rapport au travail profondément transformé. L’engagement ne découle plus automatiquement d’un contrat ou d’un statut. Il se nourrit du quotidien professionnel, de la qualité des missions confiées et du sentiment de progression.
Près d’un jeune actif sur deux affirme être prêt à quitter un poste s’il n’y trouve ni intérêt ni possibilité d’apprentissage. La fidélité ne relève plus d’un réflexe, elle devient la conséquence d’un environnement stimulant et cohérent avec ses valeurs. Les organisations sont ainsi attendues sur leur capacité à proposer des parcours évolutifs et des responsabilités porteuses de sens.
La recherche d’équilibre occupe également une place centrale. Pour ces jeunes professionnels, il n’est plus question de sacrifier la vie personnelle au nom de la carrière. L’équilibre entre sphère privée et activité professionnelle s’impose comme une condition de base. La performance se mesure davantage à l’impact réel et aux résultats obtenus qu’au nombre d’heures passées au bureau. Cette approche, d’abord associée aux plus jeunes, gagne progressivement l’ensemble des effectifs.
Le rapport à l’autorité évolue lui aussi. Le titre hiérarchique ne suffit plus à asseoir la légitimité d’un manager. Les jeunes talents attendent compétence, cohérence et capacité d’écoute. Le leadership se construit dans l’exemplarité et la clarté de la vision. Le manager devient accompagnateur, capable de créer les conditions de la réussite collective.
Le sens accordé au travail pèse lourd dans les choix professionnels. Plus de 70 pour cent des répondants issus de la Génération Z déclarent privilégier un emploi utile et aligné avec leurs convictions plutôt qu’une rémunération plus élevée. L’impact sociétal et la contribution concrète de l’entreprise constituent des critères déterminants au moment de s’engager.
La relation professionnelle se veut également plus directe. Les questions liées à la rémunération, aux responsabilités ou aux perspectives d’évolution sont abordées sans détour. Cette attente de transparence traduit une exigence de respect et d’authenticité dans les échanges.
L’étude montre que ces aspirations ne se limitent pas aux plus jeunes. Les niveaux d’engagement restent élevés dans toutes les classes d’âge. Ils atteignent 65 pour cent chez les 22 à 30 ans, 74 pour cent chez les 31 à 45 ans et 75 pour cent au-delà de 46 ans. Les transformations impulsées par la Génération Z semblent ainsi annoncer une évolution plus large et durable du monde du travail.
Dans un contexte de concurrence accrue pour attirer les compétences, les entreprises marocaines sont appelées à revoir leurs priorités. Leadership crédible, communication claire, équilibre de vie respecté et missions alignées avec des valeurs fortes deviennent des leviers stratégiques. L’enjeu dépasse désormais la simple attractivité. Il s’agit de construire des environnements capables de fédérer des collaborateurs aux attentes renouvelées et de soutenir une performance inscrite dans le temps.





