Au nord du Maroc, le plus grand complexe portuaire d’Afrique Tanger Med se prépare à absorber un afflux supplémentaire de navires dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient. Les perturbations dans la région poussent plusieurs grands armateurs à modifier leurs routes maritimes, au profit du contournement de l’Afrique.
Parmi eux, AP Moller Maersk, Hapag-Lloyd AG et CMA CGM ont annoncé des déroutements via le cap de Bonne-Espérance. Ce choix rallonge les trajets de dix à quatorze jours avant d’atteindre les installations portuaires marocaines, selon les indications communiquées par la direction du port.
Face à cette situation, les équipes de Tanger Med concentrent leurs efforts sur la gestion des capacités afin d’éviter toute saturation des terminaux. À ce stade, aucune annulation d’escale n’a été signalée, même si les effets réels sur les flux de marchandises ne devraient apparaître qu’à partir de la mi-avril, voire à la fin du mois.
Depuis fin 2023, une partie du trafic maritime évite déjà le canal de Suez et le détroit de Bab el-Mandeb en raison des attaques visant la navigation en mer Rouge. Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, combinées à la fermeture du détroit d’Ormuz, ont renforcé cette tendance, contribuant à redessiner les routes commerciales internationales.
Cette réorganisation s’accompagne d’une hausse notable des coûts. L’allongement des itinéraires accroît la consommation de carburant et exerce une pression sur les tarifs du transport maritime. Les compagnies ont ainsi instauré des surcharges liées aux risques et aux détours, variant de 1.500 à 3.300 dollars par conteneur standard, avec des niveaux pouvant atteindre 4.000 dollars pour certains équipements spécifiques.
Porté par une dynamique soutenue, Tanger Med a traité 11,1 millions de conteneurs en 2025, soit une progression de 8,4 pour cent sur un an. Connecté à plus de 180 ports à travers le monde, il s’impose comme un hub stratégique au carrefour des grandes routes maritimes.



