La Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme à la Chambre des conseillers a adopté lundi, à la majorité, le projet de loi n°16.22 relatif à l’organisation de la profession, en présence du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi.
Le texte a été approuvé par sept conseillers, tandis que trois élus se sont abstenus. Aucun vote contre n’a été enregistré.
Plusieurs amendements proposés par la sous-commission chargée du dossier ont été retenus par le gouvernement. Ils concernent notamment les conditions d’exemption du concours d’accès, du stage et de l’examen de fin de stage.
Dans sa nouvelle version, le projet de loi ouvre notamment la possibilité aux magistrats ayant exercé avant leur démission ou leur départ à la retraite d’intégrer la profession, sauf en cas de sanction disciplinaire. Les anciens adouls ayant quitté la profession pour des raisons ne portant pas atteinte à leur honorabilité pourront également être concernés.
Le texte modifie aussi les règles de responsabilité des adouls. Désormais, ils seront responsables des déclarations et informations contraires à celles fournies par les parties dans les actes et certificats qu’ils établissent.
Autre évolution majeure, la supervision des adouls ne relèvera plus uniquement du juge chargé de la documentation dans le ressort territorial concerné. Cette mission devra désormais s’exercer en coordination avec le président du conseil régional compétent des adouls.
Lors de la présentation du projet, Abdellatif Ouahbi a indiqué que cette réforme vise à moderniser la profession, à revoir ses conditions d’accès et à renforcer son rôle dans le système judiciaire marocain.
Le ministre a également mis en avant la création d’instituts de formation, l’obligation de suivre une formation continue et l’ouverture de la profession à de nouveaux profils qualifiés. Le texte prévoit aussi la mise en place d’un ordre national doté de la personnalité morale, qui remplacera l’actuelle association professionnelle.
La réforme entend enfin renforcer la gouvernance de la profession, élargir les prérogatives de ses instances et garantir une meilleure représentation des femmes au sein des organes de l’ordre national.



