À Rabat, l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale prépare la mise en place d’un nouveau cadre prudentiel fondé sur la Solvabilité Basée sur les Risques. Présenté à l’occasion du dixième anniversaire de l’institution, ce dispositif est appelé à remplacer l’approche actuelle reposant principalement sur des ratios de solvabilité.
Ce référentiel, inspiré des standards européens, a été adapté au contexte marocain afin de mieux tenir compte des spécificités du marché et des risques effectivement supportés par les opérateurs. Il introduit une méthode d’évaluation plus détaillée, censée améliorer l’appréciation de la situation financière des entreprises d’assurance et de réassurance.
Selon l’ACAPS, cette évolution vise à faire évoluer les pratiques de supervision en intégrant davantage l’analyse des risques et l’utilisation des données. L’objectif affiché consiste à disposer d’un cadre plus en phase avec la complexité croissante du secteur.
Le dispositif a fait l’objet de plusieurs études d’impact auprès des acteurs du marché avant sa finalisation. Il est également conçu pour maintenir un équilibre entre les exigences prudentielles et la capacité d’intervention des assureurs dans le financement de l’économie.
Cette réforme s’inscrit dans la continuité des changements engagés depuis la création de l’ACAPS en tant qu’autorité indépendante. Elle accompagne également le développement du secteur, dont la taille a progressé ces dernières années, tout en restant confronté à des enjeux d’élargissement de sa base.
Parallèlement, les autorités poursuivent l’adaptation du cadre de supervision aux évolutions technologiques, notamment avec le développement des solutions numériques dans l’assurance. Elles renforcent aussi leurs outils d’analyse en coordination avec Bank Al-Maghrib et l’Autorité marocaine du marché des capitaux, afin d’anticiper d’éventuels chocs.
La protection des assurés reste un axe central, avec un encadrement des produits et un suivi des réclamations. Les perspectives évoquées incluent également la prise en compte de nouveaux risques, notamment liés au climat ou aux technologies émergentes.



