Chez Lockheed Martin, le premier trimestre 2026 est marqué par des tensions industrielles qui touchent notamment les programmes liés au Maroc.
Le groupe a publié un bénéfice de 6,44 dollars par action, en deçà des attentes du marché, tandis que son chiffre d’affaires s’établit à 18 milliards de dollars, quasiment stable sur un an. En Bourse, le titre a reculé d’environ 4 % à l’ouverture à New York.
Dans le détail, c’est le segment aéronautique qui concentre les principales difficultés. Les performances ont été pénalisées par des retards dans le développement du chasseur F-16, un programme qui concerne notamment des livraisons destinées au Maroc. Des problèmes rencontrés lors d’un vol d’essai, combinés à des ajustements techniques et à un allongement des délais, ont alourdi les coûts.
Ces contraintes s’inscrivent dans un contexte plus large de pressions sur les contrats à prix fixe, aggravées par l’inflation, les droits de douane et des tensions persistantes sur la chaîne d’approvisionnement. Le groupe doit ainsi absorber des surcoûts sur des programmes négociés plusieurs années auparavant.
Les difficultés ne se limitent pas au F-16. Le programme d’avions de transport C-130 accuse lui aussi des retards, en raison de la rareté de certains fournisseurs, ce qui a pesé sur les résultats du segment aéronautique.
Dans ce contexte, la demande reste pourtant soutenue, notamment sous l’effet des tensions géopolitiques qui poussent les États-Unis et leurs alliés à renforcer leurs capacités militaires. Les ventes de F-35 contribuent d’ailleurs à compenser en partie ces contre-performances, avec une dynamique d’achats attendue en hausse à partir de 2027.
Malgré ces difficultés opérationnelles, Lockheed Martin maintient ses prévisions annuelles, tablant sur un chiffre d’affaires compris entre 77,5 et 80 milliards de dollars.



