Commerce : le Maroc accélère la fin du cash

Le virage du paiement électronique s’accélère dans le commerce de proximité. À Marrakech, en marge du Forum national du commerce, un partenariat a été scellé entre Al Barid Bank, Barid Cash, Chari et le Ministère de l’Industrie et du Commerce. L’objectif est clairement affiché, équiper 100.000 commerçants en solutions de paiement électronique et services financiers digitaux à l’horizon de la feuille de route Commerce Maroc 2030.

Cette initiative intervient dans un secteur qui pèse lourd dans l’économie nationale. Le commerce a généré en 2024 près de 169 milliards de dirhams, soit plus d’un dixième du produit intérieur brut, tout en faisant vivre plus de 1,6 million de personnes. Une base solide sur laquelle les autorités entendent accélérer la modernisation.

Le projet vise d’abord à faciliter l’acceptation des paiements par carte, notamment via les réseaux internationaux, afin de fluidifier les transactions et de réduire la dépendance persistante au cash. Pour les petits commerçants, l’enjeu dépasse le simple encaissement. Il s’agit d’intégrer des outils capables de transformer leur activité quotidienne.

L’ambition va plus loin que le paiement. Les commerces de proximité sont appelés à devenir des points d’accès à des services financiers élargis. Paiement de factures, recharges téléphoniques ou autres prestations digitales viendront compléter leur offre. Une évolution qui repositionne ces points de vente dans l’écosystème économique local.

Du côté des partenaires, ce rapprochement traduit une volonté commune de structurer l’inclusion financière. Pour le groupe Al Barid Bank, il s’agit de consolider son rôle dans la modernisation des usages. Pour Chari, déjà ancré dans le tissu du commerce de proximité, l’enjeu consiste à accélérer la digitalisation d’un réseau encore largement dominé par les paiements en espèces.

Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large portée par l’État. La feuille de route Commerce Maroc 2030 mise sur la transformation numérique, la structuration du secteur et l’amélioration des chaînes d’approvisionnement. Elle s’appuie également sur des dispositifs complémentaires, comme la plateforme MRTB développée avec l’Université Mohammed VI Polytechnique et la Fondation OCP, destinée à accompagner startups et commerçants dans leur transition digitale.

En parallèle, un autre accord a été conclu pour soutenir l’emploi dans le retail. Le ministère s’est associé à l’ANAPEC et à One Retail afin de favoriser la création d’emplois structurés et de renforcer les formations adaptées aux besoins du secteur.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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