Derrière les chiffres publiés par Marsa Maroc, c’est une transformation plus profonde qui se dessine. L’opérateur portuaire affiche en 2025 des résultats en nette progression tout en engageant un cycle d’investissement inédit.
Le chiffre d’affaires atteint 5,8 milliards de dirhams, en hausse de 16 pour cent sur un an. L’activité s’appuie sur des volumes en augmentation dans les ports exploités et sur un élargissement des services logistiques. Dans le même temps, la rentabilité suit une trajectoire encore plus dynamique. L’excédent brut d’exploitation progresse de 22 pour cent à 3,2 milliards de dirhams, tandis que le résultat net part du groupe s’établit à près de 1,6 milliard, en hausse de 25 pour cent.
Cette amélioration ne repose pas uniquement sur la conjoncture. Elle traduit aussi un travail continu sur l’efficacité opérationnelle, dans un contexte où les infrastructures portuaires gagnent en importance dans les chaînes logistiques régionales.
L’année 2025 marque également un tournant dans le périmètre du groupe. L’intégration du terminal à conteneurs Est du port de Nador West Med, à travers la société West Med Container Terminal, renforce sa présence sur un site stratégique appelé à monter en puissance. La création de Marsa Maroc International Logistics, détenue intégralement, vise quant à elle à structurer l’expansion hors des frontières.
Ces évolutions s’accompagnent de partenariats structurants. Des accords ont été conclus avec Terminal Investment Limited et le groupe CMA CGM pour l’exploitation des terminaux de Nador West Med. Parallèlement, une alliance avec Boluda ouvre la voie à une prise de participation de 45 pour cent dans Boluda Maritime Terminals, sous réserve de la réalisation des conditions prévues. À terme, l’ensemble porterait le réseau du groupe à 34 terminaux répartis dans 20 ports.
Ce déploiement s’inscrit dans une stratégie assumée. Marsa Maroc accélère son positionnement en tant qu’opérateur régional, avec une ambition qui dépasse désormais le seul marché national.
Cette montée en puissance s’appuie sur un effort d’investissement conséquent. Un programme de 4,4 milliards de dirhams a été lancé en 2025 pour moderniser et étendre les capacités portuaires, notamment à Casablanca et à Jorf Lasfar. À plus long terme, le groupe prévoit d’engager près de 21 milliards de dirhams sur la période 2025-2030.
Ce choix pèse déjà sur les équilibres financiers. Les flux de trésorerie montrent une forte intensité des investissements, avec plus de 1,8 milliard de dirhams consacrés aux acquisitions d’immobilisations sur l’exercice. La variation de trésorerie ressort ainsi en baisse sur l’année, dans un contexte de financement combinant endettement et génération interne de cash.
Malgré cette pression, la politique de rémunération des actionnaires est maintenue. Le conseil d’administration propose un dividende de 11 dirhams par action, en hausse de 16 pour cent.
Les commissaires aux comptes ont validé les états financiers, tout en soulignant le poids des provisions pour grosses réparations, qui représentent une part significative du passif. Ils rappellent également que les biens du domaine public concédés ne sont pas intégrés dans les comptes, sans incidence toutefois sur le résultat ou la situation financière.
Pour 2026, les priorités sont clairement identifiées. Le groupe compte lancer l’exploitation effective du terminal à conteneurs Est de Nador West Med et démarrer les activités de remorquage et d’assistance maritime sur ce même port. En parallèle, la stratégie d’internationalisation doit se poursuivre.
À ce stade, Marsa Maroc avance sur une ligne de crête. Les performances financières confirment la solidité du modèle, tandis que les investissements ouvrent une nouvelle phase de développement. L’enjeu sera de maintenir cet équilibre dans la durée.



