Casablanca accueille la première édition de GITEX Future Health Africa Morocco, un rendez-vous consacré à la transformation numérique de la santé en Afrique. Le salon a été inauguré lundi par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, sous le thème « La digitalisation de l’avenir des soins de santé en Afrique, l’IA au service des soins essentiels ».
Placée sous le Haut Patronage de S.M le Roi Mohammed 6, cette première édition est organisée sous l’égide du ministère de la Santé et de la Protection sociale, en partenariat stratégique avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, et portée par KAOUN International, organisateur des événements GITEX à l’échelle mondiale.
Le choix de Casablanca confirme la volonté du Maroc de se positionner comme plateforme africaine de la santé numérique. Pendant trois jours, du 4 au 6 mai, le salon réunit des acteurs publics et privés venus de près de 30 pays, ainsi que 200 marques exposantes, parmi lesquelles AstraZeneca, Pfizer, Sanofi, Numih et Elekta. Leur présence traduit l’intérêt croissant des grands groupes internationaux pour le marché marocain et africain de la santé.
À l’ouverture, Amine Tehraoui a rappelé que la santé demeure une politique publique majeure, tout en devenant un marché mondial stratégique. Il a souligné l’accélération simultanée des infrastructures, du digital, de l’industrie et des financements en Afrique, dans un contexte où les technologies avancent plus vite que les systèmes qui doivent les intégrer.
Le ministre a mis en avant les usages concrets de l’intelligence artificielle dans les soins. Il a cité les algorithmes capables d’anticiper les flambées épidémiques, la télémédecine pour réduire les distances, l’aide au diagnostic dans les zones sous-dotées en médecins, ainsi que l’assistance aux actes médicaux complexes, des centres de santé jusqu’aux CHU.
Pour Amine Tehraoui, l’Afrique dispose des atouts nécessaires pour construire sa souveraineté sanitaire. Il a appelé à une meilleure coordination autour d’un marché africain du médicament et des dispositifs médicaux, à une production vaccinale mutualisée et à des systèmes épidémiologiques partagés.
Le salon entend précisément offrir un espace d’action à cette ambition. Startups, industriels, investisseurs et décideurs publics y sont réunis autour de projets communs, avec l’objectif de favoriser les partenariats et les financements.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué dans un message vidéo le leadership du Maroc et son partenariat en faveur d’une Afrique plus saine, plus sûre, plus juste et souveraine. Il a insisté sur le rôle des technologies numériques et de l’intelligence artificielle pour bâtir des systèmes de santé plus résilients, équitables et efficaces.
Le patron de l’OMS a toutefois rappelé que l’enjeu ne réside pas seulement dans la technologie, mais dans la manière de la concevoir et de la déployer. Il a plaidé pour des solutions répondant à des besoins réels, des systèmes de données capables de préserver la confiance, des outils qui soutiennent les professionnels de santé et des investissements qui renforcent les capacités nationales ainsi que la coopération régionale.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, de responsables institutionnels, du président de la CGEM, Chakib El Alj, ainsi que d’ambassadeurs accrédités au Maroc.
Après le GITEX Future Health Africa Executive Summit, le programme se poursuit avec le Future Health Congress, structuré autour du Future Hospitals Forum et du Future Care Forum. À travers cette première édition, le Maroc installe un nouveau rendez-vous continental destiné à accélérer l’émergence de systèmes de santé intégrés, interopérables et pilotés par les données.

