La CGEM a réuni, mardi 5 mai à Casablanca, responsables publics, entrepreneurs et experts à l’occasion de la deuxième édition du Carrefour de la TPME, consacrée cette année à l’export. L’objectif affiché est clair. Il s’agit d’aider davantage de très petites, petites et moyennes entreprises marocaines à franchir le pas des marchés étrangers et à mieux s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales.
L’ouverture de cette rencontre a rassemblé Chakib Alj, président de la CGEM, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, ainsi qu’Omar Hejira, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et du Commerce chargé du Commerce extérieur. Tous ont insisté sur le poids des TPME dans l’économie nationale et sur l’importance d’un accompagnement plus structuré pour soutenir leur internationalisation.
Chakib Alj a défendu une approche pragmatique de l’export. Selon lui, la compétitivité ne précède pas toujours l’ouverture à l’international. Elle se construit aussi au contact des marchés étrangers. Le président de la CGEM a rappelé que le Maroc ne compte aujourd’hui que 6 000 entreprises exportatrices, un niveau jugé encore faible au regard du potentiel du tissu productif national. Il a appelé à élargir rapidement cette base, en visant notamment un doublement du nombre d’entreprises présentes à l’export.
Le patronat veut aussi changer le regard porté par les TPME sur l’international. Pour Chakib Alj, les marchés étrangers ne doivent plus être perçus comme un espace réservé aux grandes entreprises. Le principal obstacle, a-t-il souligné, n’est pas toujours lié aux règles, aux procédures ou aux moyens techniques. Il tient souvent à une barrière psychologique. Le Carrefour de la TPME entend justement lever ces freins en mettant à disposition des entreprises des retours d’expérience, des outils concrets et des réponses opérationnelles.
Plusieurs entrepreneurs marocains déjà engagés à l’international ont partagé leurs parcours. Anwar Radi, du Groupe ENOSIS, Ghalia Sebti, d’AIT MANOS, et Aziz Horani, de HPS, ont présenté des expériences qui montrent les opportunités offertes par l’export, mais aussi les conditions nécessaires pour s’installer durablement sur des marchés étrangers.
La rencontre a également permis d’aborder les mécanismes d’accès aux marchés internationaux. Un panel a réuni Anouar Alaoui Ismaili de Maroc PME, Mohamed Benjelloun de l’AMDIE, Mehdi Ziady de CDG Invest et Mohamed El Ouali du Groupe BCP. Les échanges ont porté sur les dispositifs d’accompagnement disponibles, les stratégies d’entrée sur les marchés extérieurs, les besoins de financement et les enjeux de structuration des entreprises.
L’intelligence artificielle a aussi trouvé sa place dans le programme, à travers un atelier animé par Ismail Moqadem, de The AIGENCY. Cette séquence a mis en avant les usages possibles de cette technologie pour mieux cibler les marchés, améliorer la prospection et soutenir le développement international des entreprises.
Avec cette deuxième édition, la CGEM veut inscrire le Carrefour de la TPME comme un rendez-vous annuel tourné vers l’action. L’organisation patronale y voit un levier pour rapprocher les entreprises marocaines des opportunités internationales et encourager une croissance plus ouverte, plus inclusive et plus durable.

