Le Maroc s’attaque aux produits chimiques dangereux dans le bâtiment

Le projet « Élimination des produits chimiques dangereux de la chaîne d’approvisionnement du secteur de la construction au Maroc » a été lancé vendredi à Rabat. Il vise à accompagner la transition du secteur vers des pratiques de construction plus durables, moins énergivores et moins exposées aux risques liés aux substances chimiques.

Porté par l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel et mis en œuvre par l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Énergétique, avec l’appui financier du Fonds pour l’Environnement Mondial, le projet est piloté par le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.

Son objectif est de réduire la présence de matériaux et produits chimiques dangereux dans la chaîne d’approvisionnement du bâtiment, en favorisant leur remplacement par des alternatives plus respectueuses de l’environnement. Le programme met également l’accent sur l’économie circulaire, l’analyse du cycle de vie et les modèles de conception régénérative tout au long de la chaîne de valeur.

Le projet prévoit un travail sur le cadre réglementaire et normatif lié à la sécurité chimique des matériaux de construction. Il porte aussi sur l’intégration de l’Analyse du Cycle de Vie dans les politiques et pratiques du secteur, ainsi que sur la promotion de matériaux à faible teneur en carbone.

D’autres volets concernent le développement de mécanismes de certification environnementale et sanitaire, le renforcement des capacités des institutions publiques, des laboratoires et des opérateurs privés, ainsi que la mise en place d’actions pilotes et de campagnes de sensibilisation.

À l’ouverture de l’atelier de lancement, le secrétaire général du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, Département du Développement durable, Bouzekri Razi, a souligné que cette initiative dépasse sa dimension technique. Elle vise, selon lui, à construire des espaces de vie plus sûrs, à mieux protéger la santé des travailleurs et des citoyens et à préparer un modèle de développement plus respectueux de l’environnement.

Il a rappelé que le Maroc a progressivement intégré la gestion des produits chimiques dans ses politiques publiques environnementales, notamment à travers la Stratégie Nationale de Développement Durable et les efforts engagés pour promouvoir une économie verte, circulaire et résiliente.

Pour Bouzekri Razi, le projet doit accompagner la transformation de la chaîne d’approvisionnement du secteur de la construction à travers la promotion de matériaux plus sûrs, l’encouragement d’alternatives durables et le renforcement des pratiques environnementales. Il y voit aussi une opportunité pour améliorer la compétitivité du secteur tout en consolidant les engagements du Maroc en matière de développement durable et de gestion rationnelle des produits chimiques.

Le directeur général de l’AMEE, Mohamed Benyahya, a pour sa part rappelé le poids énergétique du secteur. Selon lui, les matériaux de construction représentent 42 % de la consommation énergétique totale de l’industrie nationale. Ce constat impose, a-t-il estimé, le développement de solutions fondées sur les principes de l’économie circulaire.

Il a indiqué que le projet repose sur une approche intégrée combinant analyse des cycles de vie, transformation des systèmes de production et de consommation et accompagnement de la transition vers une construction durable, résiliente et compétitive. Le programme s’appuiera notamment sur le renforcement du cadre réglementaire et normatif, la consolidation des capacités techniques et professionnelles, ainsi que le soutien à l’innovation et aux projets pilotes menés avec les professionnels du secteur.

De son côté, la représentante pays de l’ONUDI, Sanae Lahlou, a rappelé que le bâtiment et la construction sont à l’origine de 30 % des émissions mondiales de CO2. Elle a souligné la nécessité de repenser les modes de construction afin de réduire leur impact environnemental, en estimant que le projet pourrait avoir un impact significatif en matière de réduction des émissions.

Pour Sanae Lahlou, la durabilité ne relève pas seulement de l’environnement. Elle touche aussi à la souveraineté industrielle et économique du Maroc.

L’atelier de lancement a été marqué par une présentation du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable sur le contexte mondial du secteur de la construction, les objectifs du projet et son positionnement dans la Stratégie Nationale de Développement Durable.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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