Le Maroc figure parmi les économies de la région où l’ancrage du régime de change contribue à de meilleurs résultats en matière d’inflation, selon un rapport du Fonds monétaire international consacré à l’indépendance des banques centrales au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le Caucase.
Publié mardi, le document souligne que les pays disposant de cadres monétaires plus robustes sont généralement mieux armés pour contenir les pressions inflationnistes, notamment en période de chocs sur les prix de l’énergie ou des denrées alimentaires. Le FMI cite notamment le Maroc parmi les pays ayant opté pour un régime de change fixe ou encadré, aux côtés de l’Azerbaïdjan, des pays du Conseil de coopération du Golfe, de l’Irak, de la Jordanie et de la Mauritanie.
Pour l’institution, ce type d’ancrage nominal crédible a permis d’obtenir de meilleurs résultats en matière d’inflation. Le rapport insiste toutefois sur un point plus large, l’indépendance des banques centrales reste un facteur déterminant pour éviter que les chocs de prix ne s’installent durablement dans l’économie.
Le FMI estime que les banques centrales de la région doivent être mieux protégées contre les pressions politiques et les besoins de financement public. L’enjeu est d’autant plus sensible que les tensions au Moyen-Orient ravivent les risques inflationnistes, en particulier dans les économies les plus vulnérables.
Le Maroc apparaît aussi dans une autre lecture du rapport. Le FMI le classe, avec l’Algérie, l’Égypte, la Jordanie et le Pakistan, parmi les pays où le recours de l’État au système bancaire est relativement plus élevé que la moyenne régionale. Cette situation peut traduire une forme de dominance budgétaire, susceptible de compliquer la conduite de la politique monétaire lorsque les besoins de financement public deviennent importants.
La lecture du rapport est donc nuancée pour le Maroc. D’un côté, le cadre de change contribue à stabiliser les anticipations et à contenir l’inflation. De l’autre, le niveau de recours de l’État au système bancaire reste un indicateur à surveiller, car il peut peser sur la marge de manœuvre monétaire.
Le FMI rappelle enfin que l’indépendance des banques centrales ne produit pas ses effets immédiatement. Les réformes prennent du temps, et l’indépendance inscrite dans les textes ne se traduit pas toujours pleinement dans la pratique. Mais selon l’institution, les pays qui renforcent effectivement cette indépendance parviennent, avec le temps, à mieux maîtriser l’inflation.

