Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et Orange Maroc veulent tester de nouveaux usages de l’intelligence artificielle dans les services publics. Un mémorandum d’entente a été signé jeudi à Casablanca par la ministre déléguée Amal El Fallah Seghrouchni et le Directeur Général d’Orange Maroc, Hendrik Kasteel.
L’accord porte sur l’expérimentation de solutions d’IA, avec un accent particulier sur l’e-gouvernement. Les deux parties prévoient de travailler sur des cas d’usage concrets, en lien avec les priorités nationales de transformation numérique et de modernisation de l’action publique.
Cette coopération intervient dans le cadre de la stratégie Maroc Digital 2030 et de la feuille de route AI Made in Morocco. Elle s’inscrit aussi dans le prolongement du déploiement des Instituts JAZARI, réseau porté par le ministère pour accélérer l’innovation et le développement de l’intelligence artificielle au Maroc.
Lors de la cérémonie de signature, Amal El Fallah Seghrouchni a relié cet accord aux Hautes Orientations de S.M. le Roi Mohammed VI en matière de développement de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes. La ministre a indiqué que le partenariat avec Orange Maroc doit contribuer au développement de l’IA à travers les ressources, l’infrastructure et les formations que l’opérateur pourra mobiliser. Elle a aussi précisé que plusieurs cas d’usage ont déjà été identifiés et feront l’objet d’un travail conjoint.
Orange Maroc entend, de son côté, mettre à disposition son infrastructure et son expertise pour accompagner le développement de solutions d’intelligence artificielle. Noël Château, Chief Consumer Officer de l’opérateur, a évoqué des applications possibles dans l’e-gouvernement, l’e-santé, l’e-éducation et l’e-agriculture. Il a présenté cette convention comme une étape importante dans la contribution du groupe à la stratégie Maroc Digital 2030 et à la feuille de route AI Made in Morocco.
Au-delà de l’accord bilatéral, le partenariat met en avant la volonté de structurer un écosystème numérique national autour de l’intelligence artificielle. Selon ses initiateurs, l’enjeu est de soutenir l’émergence de solutions souveraines, de renforcer les compétences et d’accompagner les transformations technologiques du Royaume.
Le programme JAZARI constitue l’un des leviers cités dans cette approche. D’après le ministère, il repose sur un maillage régional intégré, où chaque institut conserve une spécialisation tout en restant connecté au reste du réseau par des échanges de compétences, de données et d’intelligence partagée. L’objectif affiché est de couvrir toute la chaîne de valeur de l’innovation, de la recherche scientifique à l’industrialisation, en passant par l’expérimentation et le transfert technologique.
Cinq instituts sont déjà lancés. JAZARI ROOT assure le rôle de nœud central d’architecture et de pilotage du réseau. JAZARI Smart City est consacré aux villes intelligentes, JAZARI EduTech à la transformation numérique de l’éducation, JAZARI Industrie X.0 à la compétitivité industrielle et JAZARI Smart Énergie à la transition énergétique par l’intelligence artificielle.

