La Direction des Domaines de l’État confirme son rôle central dans la mobilisation du foncier public. Dans son rapport d’activité 2025, publié sous le titre « Domaine Privé de l’État, un actif stratégique au service du développement socio-économique du Maroc », la DDE dresse le bilan d’un exercice marqué par une forte progression du patrimoine foncier géré, des projets accompagnés et des opérations d’apurement.
Relevant du ministère de l’Économie et des Finances, la Direction présente le domaine privé de l’État comme un levier au service de l’investissement, des stratégies sectorielles et des équipements publics. Son directeur, Mohammed El Kharmoudi, souligne que l’année 2025 a été marquée par la consolidation des missions de la DDE au service du développement économique et social du Royaume, sous la conduite de S.M. le Roi Mohammed VI.
Le chiffre le plus marquant concerne l’évolution du patrimoine foncier relevant du domaine privé de l’État. Celui-ci atteint près de 12 millions d’hectares en 2025, en progression de 119 % par rapport à 2024. Cette hausse est attribuée à l’effort d’immatriculation mené par la Direction.
L’accompagnement des projets structurants constitue l’autre axe fort du bilan. En 2025, la DDE a approuvé 308 projets mobilisant environ 32.000 hectares, pour un investissement projeté de 71 milliards de dirhams. Ces chiffres confirment la place du foncier public comme instrument de facilitation de l’investissement national.
La Direction a également affecté 686 hectares aux administrations publiques pour la réalisation d’équipements et d’infrastructures, soit une hausse de 62 % par rapport à 2024. En parallèle, les opérations de récupération de terrains auprès d’investisseurs défaillants ont permis de restituer 5.862 hectares, destinés à être réintégrés dans le circuit productif ou affectés à de nouveaux projets publics.
Sur le plan juridique, la DDE met en avant des avancées importantes dans l’apurement foncier. Des réquisitions couvrant 6.532.349 hectares ont été déposées, en hausse de 381 % par rapport à 2024. Les opérations d’immatriculation ont, de leur côté, porté sur 590.161 hectares, avec l’établissement des titres fonciers correspondants.
Le contentieux reste un volet sensible de l’action domaniale. En 2025, il a donné lieu à 1.260 jugements, dont 73 % favorables à l’État. Ce taux illustre l’enjeu de sécurisation juridique du patrimoine foncier public, dans un contexte de forte demande en terrains pour les projets d’investissement et d’infrastructures.
Pour 2026, la Direction entend consolider les acquis et accélérer les chantiers engagés. La préparation du nouveau plan d’action 2027-2030 figure parmi les priorités. Il devra renforcer la sécurisation juridique du patrimoine, accélérer la mobilisation du foncier au profit des projets structurants et poursuivre la transformation digitale de la DDE.
L’année 2026 devrait également être marquée par la poursuite des consultations autour du projet de code domanial. Ce texte est présenté comme un levier important de modernisation du cadre juridique et institutionnel de l’action domaniale.
À travers ce rapport, la DDE met en avant une idée centrale. Le domaine privé de l’État n’est plus seulement un patrimoine à administrer. Il devient un actif stratégique à mobiliser, sécuriser et valoriser pour accompagner les priorités économiques et territoriales du Maroc.

