Blé local : le Maroc freiné par la qualité et les retards de récolte

Les contrats à terme sur le blé ont reculé lundi au Chicago Board of Trade, dans un marché agricole également orienté à la baisse pour le maïs et le soja. Mais au-delà de la tendance internationale, l’un des éléments suivis concerne le Maroc, où la volonté de réduire la dépendance aux importations se heurte à des contraintes de qualité et de calendrier.

Selon des responsables des fédérations marocaines de meuniers et de négociants en céréales, les efforts du Royaume pour privilégier la commercialisation du blé local sont freinés par une faible teneur en protéines et des retards de récolte, malgré une production abondante.

Cette situation intervient alors que les cours du blé au CBOT évoluent en baisse de 11 à 12 cents par boisseau. Le mouvement est notamment lié aux annonces autour d’un accord préliminaire entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin au conflit et à rétablir le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

Sur le marché américain, le contrat de juillet sur le blé tendre rouge d’hiver cédait dernièrement 12,5 cents, à 5,72 dollars le boisseau. À Kansas City, le blé dur rouge d’hiver pour livraison en juillet reculait de 12,25 cents, à 6,2225 dollars le boisseau, tandis que le blé de printemps à Minneapolis perdait 8,25 cents, à 6,10 dollars le boisseau.

En France, l’état des cultures de blé tendre s’est amélioré. FranceAgriMer indique que 77 % des surfaces étaient jugées dans un état bon à excellent au 8 juin, contre 76 % une semaine plus tôt et 70 % l’an dernier.

Le maïs a également reculé, de 5 à 6 cents par boisseau, touchant son plus bas niveau en neuf mois. Cette baisse est liée aux informations autour d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, qui prévoirait une réouverture du détroit d’Ormuz sous 30 jours. Le contrat de juillet sur le maïs se négociait dernièrement en repli de 6 cents, à 4,0675 dollars le boisseau.

Le soja suivait la même tendance, en baisse de 8 à 9 cents par boisseau, pénalisé par le recul du pétrole brut. Les pluies attendues dans le Midwest américain devraient par ailleurs soutenir la croissance des cultures. Le contrat de juillet sur le soja perdait dernièrement 10,75 cents, à 11,0275 dollars le boisseau.

Pour le Maroc, l’enjeu reste distinct de la seule évolution des cours internationaux. La production locale abondante ne suffit pas, à elle seule, à réduire la dépendance aux importations si les exigences de qualité et les délais de récolte compliquent son intégration dans les circuits de commercialisation.

L'invité du Nouvelliste Maroc

spot_img