Mawazine : Gipsy Kings, Pongo et Imany signent une soirée colorée à Rabat

La 21e édition de Mawazine-Rythmes du Monde a offert, lundi soir à Rabat, une programmation aux contrastes assumés. Entre la rumba flamenca des Gipsy Kings by Diego Baliardo à l’OLM Souissi, l’énergie afro-électro de Pongo sur la scène du Bouregreg et l’intensité soul d’Imany au Théâtre National Mohammed V, le festival a confirmé sa capacité à faire cohabiter les grandes figures populaires et les univers plus singuliers.

À l’OLM Souissi, les Gipsy Kings by Diego Baliardo ont misé sur un répertoire immédiatement identifiable. Dès les premières notes, le groupe a entraîné le public dans son mélange de flamenco, de pop et de rumba catalane, porté par des guitares nerveuses, des voix reconnaissables et une énergie festive. Des titres comme « Passaro de Fogo », « Hotel California » ou « La Dona » ont ouvert la soirée dans une ambiance chaleureuse, avant que les classiques ne prennent le relais.

Avec « A Mi Manera », repris par une partie du public, puis « Bem Bem Maria », « Baila Me » et « Bamboléo », le concert a basculé

vers une fête collective, jusqu’à la clôture portée par « Djobi, Djoba » et « Volare ». Les Gipsy Kings ont joué sur ce qu’ils savent faire le mieux, une musique de partage, directe, intergénérationnelle, taillée pour les grands espaces et les refrains repris en chœur.

Sur la scène du Bouregreg, le registre était tout autre. Pongo a imposé une performance physique, dense et électrique, construite autour du kuduro moderne et de pulsations afro-électro. Avec « Bruxos », « Doudou » ou encore « Chora », l’artiste angolaise a installé une tension rythmique immédiate, portée par des basses puissantes, des percussions et une énergie scénique sans relâche.

La chanteuse a présenté son concert comme une « célébration absolue de la liberté par le mouvement ». La formule résume bien l’esprit de sa prestation. Chez Pongo, la musique passe autant par le corps que par la voix. Chorégraphies, sauts, déplacements et interaction avec le public ont transformé le Bouregreg en piste de danse à ciel ouvert.

Au Théâtre National Mohammed V, Imany a proposé une intensité plus intérieure. La chanteuse franco-comorienne a ouvert son concert avec des titres de son album « Women Deserve Rage », sorti en 2025, avant de retrouver plusieurs morceaux phares de son répertoire. Accompagnée par une formation mêlant saxophone et guitare électrique, elle a construit une soirée entre retenue, puissance vocale et émotion.

Imany a présenté son spectacle comme une « thérapie de groupe par la musique ». Le public a répondu avec chaleur, notamment sur « Slow Down », « Nothing to Save », « Why Don’t You » et « You Will Never Know ». Le moment le plus attendu est arrivé avec « Don’t Be So Shy », qui a fait lever la salle et transformé le théâtre en espace de danse et de célébration.

La soirée a aussi été marquée par la présence de Melina, chanteuse et musicienne franco-grecque, venue pour la première fois au Maroc dans le cadre de Mawazine. Dans un entretien à la MAP, l’artiste a dit ressentir une proximité entre le Maroc et la Grèce, à travers la mentalité, la musique et certaines sensibilités culturelles.

Melina définit son univers comme une pop néo-traditionnelle, nourrie par son héritage grec, son enfance parisienne et son rapport au oud. Elle voit dans la danse le prolongement naturel du chant et résume son message au public marocain par une invitation simple, dansons.

Avec cette soirée, Mawazine a montré une nouvelle fois l’étendue de son spectre musical. La nostalgie populaire des Gipsy Kings, la transe afro-électro de Pongo, l’émotion soul d’Imany et les passerelles méditerranéennes de Melina dessinent un festival construit sur les croisements, les mémoires musicales et l’énergie du live.

Placée sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, la 21e édition de Mawazine-Rythmes du Monde se poursuit à Rabat jusqu’au 27 juin, avec des artistes venus de plusieurs horizons.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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