ITZY, Lahlou et Marahati marquent Mawazine

Mawazine a offert mardi soir plusieurs lectures de la scène musicale internationale et marocaine, entre pop coréenne, fado portugais, mémoire des villes du Royaume et Malhoun. À Rabat, la 21e édition du festival a fait dialoguer les scènes et les publics à travers quatre concerts très différents, portés par ITZY, Susana Travassos, Nouamane Lahlou et Sanae Marahati.

À l’OLM Souissi, ITZY a signé l’un des rendez-vous les plus attendus de la soirée. Pour sa première prestation au Maroc, le groupe féminin de K-pop a livré un show énergique, mêlant beats électroniques, hip-hop, chorégraphies millimétrées et scénographie visuelle. Les cinq artistes ont été accueillies par un public jeune et enthousiaste, venu avec lightsticks et pancartes aux couleurs du groupe.

Le concert a enchaîné plusieurs titres du répertoire d’ITZY, dont Tunnel Vision, Walk, Motto, That’s a No No, Sorry Not Sorry, Loco, Sneakers et Not Shy. Les échanges avec les spectateurs, notamment quelques mots en darija, ont renforcé la proximité avec un public visiblement conquis. Pour les fans marocains de K-pop, cette première apparition à Mawazine a confirmé l’attrait croissant de la pop coréenne auprès d’une génération connectée aux grandes tendances musicales internationales.

À Chellah, l’ambiance était tout autre avec Susana Travassos. Accompagnée de l’accordéoniste João Frade et du pianiste Giovanni, la chanteuse portugaise a proposé un voyage dans l’univers du fado, ouvert aux influences brésiliennes, latino-américaines et jazz. Le site historique a servi d’écrin à une prestation plus intime, portée par la voix de l’artiste et par l’équilibre entre émotion, poésie et dialogue interculturel.

Travassos a interprété plusieurs titres, dont Quem És Tu, Sei de um Rio, Meu Pai, O Avesso da Lua, Saudade, Menina, não se enamore et Não Sei. La reprise du tango argentin Naranjo en Flor a constitué l’un des moments marquants de la soirée, en rapprochant les univers du fado et du tango. João Frade a également livré plusieurs pièces instrumentales à l’accordéon, mettant en avant un jeu à la croisée de la tradition, de la modernité et de l’improvisation.

Au Théâtre National Mohammed V, Nouamane Lahlou a proposé une traversée musicale des villes marocaines. Accompagné d’un orchestre d’une dizaine de musiciens, l’artiste et compositeur a ouvert son concert avec Bladi Ya Zine Lboldan, avant de déployer une trame intitulée L’anthropologie des villes.

Ouazzane, Zagora, Tafilalet, Marrakech, Fès et Chefchaouen ont été évoquées à travers des chansons et des tableaux scéniques enrichis par la présence de troupes folkloriques en tenues traditionnelles. Le concert a aussi rendu hommage à Abdelwahab Doukkali, avec un medley consacré à plusieurs œuvres de cette figure de la musique marocaine. Nouamane Lahlou a ensuite ouvert un dialogue musical maroco-égyptien, en mettant en regard des œuvres de Brahim El Alami, Mohamed Fouiteh et Mahmoud El Idrissi avec un classique du répertoire d’Oum Kalthoum.

Devant une salle comble, l’artiste a conclu son tour de chant en laissant le public choisir les derniers morceaux. Lmdina Lkdima, Radia et Jbal Al Atlas ont été repris en chœur, avant une clôture autour de Nabd Al Bilad, interprété avec le drapeau national sur les épaules.

La même scène a également accueilli Sanae Marahati, qui a consacré sa soirée à l’art du Malhoun. Vêtue d’un caftan noir brodé de motifs dorés, la chanteuse marocaine a ouvert son concert avec Allah Moulana et Rakiba Al Bouraqi, dans une atmosphère marquée par l’émotion et l’attachement du public à ce patrimoine musical.

L’artiste a interprété plusieurs pièces du répertoire, dont Qassidat Ghita, El Aar Ya El Aar et Lalla Mama. Elle a aussi présenté son nouveau titre Arassi Toub, fruit de 28 années de recherche et de pratique du Malhoun, selon ses propos. La soirée a atteint un moment de forte intensité avec Nidae Al Hassan, interprété alors que l’artiste portait le drapeau national, devant un public debout.

Originaire de Sefrou, Sanae Marahati compte parmi les voix marocaines associées au Malhoun et au Gharnati. Accompagnée par un orchestre entièrement marocain, elle a alterné douceur vocale et intensité émotionnelle, dans une salle portée par les applaudissements et les reprises collectives.

Placée sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, la 21e édition du Festival Mawazine Rythmes du Monde se poursuit jusqu’au 27 juin à Rabat et Salé, avec une programmation mêlant artistes internationaux, figures arabes et talents marocains.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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