Le groupe minier polonais KGHM regarde de plus près le Maroc dans le cadre de sa nouvelle stratégie internationale. Le producteur de cuivre et d’argent, contrôlé par l’État polonais, explore des opportunités d’acquisition hors d’Europe, avec des pistes identifiées au Maroc, en Argentine, au Canada et aux États-Unis.
L’annonce a été faite lundi par son PDG, Remigiusz Paszkiewicz. Elle confirme l’intérêt croissant des grands groupes miniers internationaux pour de nouveaux territoires capables d’accompagner la demande mondiale en métaux critiques.
Pour le Maroc, cette mention intervient dans un contexte favorable. Le Royaume cherche à renforcer sa place dans les chaînes de valeur minières et industrielles, alors que la transition énergétique, l’électrification et les technologies propres accroissent les besoins en cuivre, argent et autres ressources stratégiques.
KGHM entend diversifier ses sources de revenus au cours des cinq à dix prochaines années. Le groupe veut réduire son exposition aux fluctuations des marchés du cuivre et de l’argent, tout en accédant davantage aux métaux critiques. Cette orientation pourrait ouvrir la voie à de nouvelles opérations dans des pays offrant à la fois un potentiel minier et un environnement propice aux investissements.
Les actifs étrangers occupent déjà une place importante dans les résultats de KGHM. En 2025, ils ont représenté près de 48 pour cent de son EBITDA, portés notamment par la mine de Sierra Gorda au Chili, détenue à 55 pour cent, et par la mine de Robinson dans le Nevada.
Le groupe dispose aussi d’un portefeuille de développement comprenant les projets Victoria et Ajax au Canada, ainsi que Sierra Gorda Oxides au Chili. En parallèle, KGHM prévoit d’étendre l’activité internationale de sa société d’ingénierie DMC Mining Services, afin de décrocher de nouveaux contrats dans le secteur minier.
L’intérêt porté au Maroc s’inscrit donc dans une stratégie plus large de redéploiement mondial. Pour le groupe polonais, il s’agit d’identifier de nouveaux relais de croissance au-delà de l’Europe. Pour le Royaume, cette attention confirme son attractivité dans un secteur minier appelé à jouer un rôle central dans les transitions industrielles et énergétiques.

