La scène Casa Anfa de Jazzablanca a joué, lundi soir, sur deux registres très différents sans jamais perdre le fil de la fête. Danyl a ouvert la cinquième soirée de la 19e édition avec son univers mélodique, avant que Meute ne fasse basculer Anfa Park dans une transe collective portée par les cuivres, les percussions et l’énergie brute de la techno.
Danyl a trouvé face à lui un public déjà conquis. Dès les premières minutes, les festivaliers ont repris ses titres en chœur, confirmant l’attachement grandissant autour de ce chanteur franco-algérien, dont la musique croise rap mélodique, accents raï et pop actuelle.
Le concert a pris la forme d’un échange continu avec la foule. Les refrains étaient chantés par des spectateurs qui connaissaient son répertoire sur le bout des doigts, au point de couvrir parfois sa voix. Entre rythmes fédérateurs et proximité avec le public, Danyl a signé l’un des moments les plus chaleureux de cette édition.
La soirée a changé d’allure à 23 heures avec l’arrivée de Meute. Les onze musiciens allemands, vêtus de rouge et de noir, ont imposé d’emblée une présence singulière, entre fanfare contemporaine et procession venue d’un autre monde. Leur mise en scène, volontairement dépouillée, laissait toute la place à la puissance du son.
Le collectif de Hambourg a déroulé un set sans temps mort, construit autour d’un alliage très physique de techno acoustique, de cuivres et de percussions. Les solos de saxophone, de trompette, de clarinette et les lignes massives du soubassophone ont nourri une mécanique sonore d’une grande précision. À chaque montée, le public répondait par une explosion collective, transformant peu à peu Casa Anfa en dancefloor à ciel ouvert.
La Scène 21 proposait, au même moment, une atmosphère plus resserrée, dédiée aux croisements du jazz contemporain. Daoud y a ouvert la programmation avec un trio formé d’un contrebassiste, d’un claviériste et d’un batteur. Le trompettiste français a navigué entre jazz fusion, électronique et improvisation, dans une prestation libre et nerveuse.
L’un des passages les plus marquants de son concert l’a vu jouer simultanément du synthétiseur et de la trompette, dans un geste qui résumait son goût pour l’expérimentation. Nubiyan Twist a ensuite pris le relais pour clore la soirée sur la Scène 21. Le collectif britannique a livré une performance dense et généreuse, mêlant jazz contemporain, afrobeat, soul, hip-hop et textures électroniques, dans l’esprit foisonnant de la nouvelle scène jazz britannique.
Le groupe a notamment interprété Carry Me, hommage à l’amour maternel, Pray For Me, porté par une sensibilité écologique, ainsi que plusieurs titres de son dernier album Chasing Shadows. Le public a suivi avec enthousiasme cette combinaison de grooves, d’improvisations et de rythmes dansants.

