La campagne céréalière 2026 au Maroc commence déjà à peser sur les perspectives d’exportation de la France. Alors que Paris anticipe une nouvelle baisse de sa récolte de blé, les expéditions vers les marchés hors Union européenne devraient reculer, notamment en raison d’une moindre demande marocaine.
La France prévoit une production de 32 millions de tonnes de blé en 2026, en baisse de 4 pour cent sur un an. Ce repli intervient malgré une hausse de 3 pour cent des surfaces cultivées, portées à 4,6 millions d’hectares.
Les épisodes successifs de chaleur ont dégradé les rendements en fin de cycle. La moyenne provisoire s’établit à 69,3 quintaux par hectare, contre 74,2 quintaux en 2025. La moisson, particulièrement précoce, s’est déroulée sous des températures élevées dans plusieurs régions agricoles.
La qualité des grains reste jugée satisfaisante, mais les résultats varient fortement selon les territoires. Les baisses les plus marquées concernent la Vendée et le Poitou-Charentes, le Grand Est ainsi que la Bourgogne-Franche-Comté.
Cette contraction de la production française intervient au moment où le Maroc s’attend à une campagne plus favorable. L’amélioration de la récolte nationale devrait limiter les besoins d’importation du Royaume et réduire les volumes de blé français écoulés sur le marché marocain durant la campagne 2026-2027.
La France pourrait exporter plus de 14 millions de tonnes de blé au cours de cette période, dont environ 7 millions vers les pays extérieurs à l’Union européenne. Ce dernier volume serait toutefois orienté à la baisse, le recul des achats marocains étant cité parmi les principaux facteurs.
Le Maroc figure habituellement parmi les débouchés importants des céréales françaises. Une production locale plus abondante modifie donc l’équilibre commercial attendu pour les exportateurs français, déjà confrontés à une récolte moins importante et à des prix internationaux jugés insuffisants.
Les difficultés touchent également les autres céréales. La production française d’orge devrait reculer de 6 pour cent à 11 millions de tonnes, tandis que l’ensemble des céréales à paille perdrait près de 5 pour cent pour s’établir à 46,3 millions de tonnes.
La situation est encore plus préoccupante pour le maïs. Les surfaces cultivées ont chuté de 20 pour cent et la production pourrait baisser d’au moins 30 pour cent, à 9,5 millions de tonnes, son niveau le plus faible depuis vingt-six ans.
Pour les céréaliers français, cette campagne prolongerait une série de quatre années difficiles. Au Maroc, elle pourrait au contraire se traduire par une moindre dépendance aux importations de blé et par un allègement de la facture céréalière.

