Au Maroc, la fronde s’étend contre Gianni Infantino au sein de la FIFA

Gianni Infantino a réuni mercredi au Maroc plusieurs hauts responsables de la FIFA, quelques jours après l’abandon d’un projet controversé visant à ouvrir certaines activités de l’instance mondiale à des investisseurs privés.

La rencontre s’est déroulée à huis clos au siège africain de la FIFA, installé au Complexe Mohammed VI de football à Salé. A proximité, on pouvait observer l’arrivée de plusieurs véhicules dans la matinée, puis leur départ peu avant 18h30.

Aucun élément n’a été communiqué sur les discussions ni sur les raisons ayant conduit l’organisation à choisir le Maroc pour tenir cette réunion. Le Royaume doit accueillir la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Gianni Infantino se trouvait déjà au Maroc la semaine précédente à l’occasion de la Fête du Trône.

La réunion intervient dans un climat de forte contestation autour du président de la FIFA. La semaine dernière, celui-ci avait présenté un projet de création d’une structure extérieure baptisée FIFA Forward Enterprise. Cette société devait gérer les activités commerciales de l’organisation ainsi que des compétitions comme les Coupes du monde, avec la participation d’investisseurs privés.

Révélé par la presse avant sa présentation officielle, le projet a provoqué une vive opposition dans le football international. Il a finalement été retiré dans la nuit de vendredi à samedi, après les réserves exprimées par plusieurs acteurs, dont l’UEFA.

Des responsables de la FIFA ont également pris leurs distances avec Gianni Infantino. Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial, et le secrétaire général Mattias Grafström figurent parmi les cadres ayant exprimé leurs réserves.

Dans une lettre adressée aux salariés de l’organisation, Mattias Grafström a regretté une succession d’événements qu’il a qualifiés de tristes et condamnables. Il a également salué l’abandon définitif du projet.

Carlos Cordeiro, conseiller principal du président de la FIFA, avait démissionné vendredi en affirmant son opposition catégorique à cette initiative.

Les critiques se sont aussi multipliées sur le terrain politique. Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré mercredi ne plus avoir confiance en Gianni Infantino, mettant en cause la manière dont le projet avait été préparé sans information suffisante des principaux responsables de l’organisation.

Le Premier ministre britannique Andy Burnham avait auparavant estimé que Gianni Infantino n’était pas la personne appropriée pour diriger la FIFA.

La contestation s’est également étendue aux confédérations. La Concacaf a réclamé une révision complète de la gouvernance présidentielle. L’UEFA a affirmé avoir perdu confiance dans le dirigeant et a envisagé un boycott des Coupes du monde avant le retrait du projet.

Dans une lettre adressée vendredi à la FIFA, l’instance européenne a indiqué envisager une action en justice. L’Association des ligues européennes a également dénoncé les décisions prises unilatéralement par la direction de l’organisation.

Elle a par ailleurs critiqué le projet d’élargissement de la Coupe du monde à 64 équipes dès 2030.

Gianni Infantino reste pour le moment le seul candidat déclaré à sa succession lors de l’élection prévue en mars 2027 à Rabat. Il devra obtenir la majorité des voix des 211 fédérations membres pour décrocher un dernier mandat de quatre ans.

Plusieurs fédérations, dont celles de Finlande, du pays de Galles, de Serbie et de Suède, lui ont déjà retiré leur soutien.

Luis Figo, conseiller de l’UEFA, a appelé mercredi au départ du président de la FIFA dans une tribune publiée par le Daily Mail.

Le prince Ali ben Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, a de son côté accusé Gianni Infantino de chantage. Il affirme que la FIFA aurait conditionné son soutien à certains dossiers à un appui politique en faveur du président sortant.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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