La pression migratoire enregistrée à Sebta remet au premier plan le rôle central du Maroc dans la gestion des frontières extérieures de l’Union européenne. Face à cette situation, le commissaire européen chargé des Migrations, Magnus Brunner, a appelé jeudi Bruxelles à mobiliser l’ensemble de ses instruments pour consolider la coopération avec Rabat.
Près de 72 000 migrants auraient rejoint l’enclave espagnole au cours de la semaine dernière, selon les autorités espagnoles. Cet afflux, présenté comme l’un des plus importants observés depuis plusieurs années sur un territoire de l’Union européenne, illustre l’ampleur des défis auxquels sont confrontés les pays situés sur les principales routes migratoires.
Devant une commission du Parlement européen, Magnus Brunner a rappelé que la maîtrise des flux migratoires dépendait étroitement de la coopération avec les États voisins. Ses déclarations confirment la place déterminante occupée par le Maroc dans le dispositif européen de surveillance des frontières et de lutte contre l’immigration irrégulière.
L’Union européenne s’appuie depuis plusieurs années sur des partenariats conclus avec les pays d’Afrique du Nord. Ces accords prévoient un soutien financier et d’autres formes d’accompagnement en échange d’un renforcement des contrôles, d’une meilleure coordination aux frontières et d’une coopération accrue sur les retours.
Le commissaire européen a estimé que Bruxelles devait approfondir ce travail avec les pays tiers, notamment dans les domaines de la réadmission et du retour des migrants. Il a également évoqué le recours à la politique commerciale et aux visas parmi les moyens susceptibles de soutenir des partenariats plus solides.
Les événements de Sebta montrent toutefois que la gestion des mouvements migratoires ne peut reposer sur un seul pays. Le Maroc demeure un partenaire majeur de l’Union européenne, mais il partage aussi la responsabilité d’une pression régionale qui implique plusieurs États, les institutions européennes et les autorités espagnoles.
Le maire de Ceuta, Juan Jesus Vivas, a affirmé devant les députés européens qu’environ 100 personnes étaient décédées lors de ce passage massif. Il a également indiqué qu’entre 3 000 et 5 000 migrants se trouvaient encore dans l’enclave.
Juan Jesus Vivas a mis en cause la fiabilité du Maroc et réclamé une implication directe de l’Europe dans la gestion de cette frontière. Ces propos interviennent alors que les déclarations de Magnus Brunner soulignent, au contraire, l’impossibilité pour l’Union européenne de répondre durablement à la pression migratoire sans une coopération étroite avec Rabat.


