Le Maroc réaffirme sa position sur Sebta et Mellilia tout en maintenant une ligne fondée sur le dialogue avec l’Espagne. Les déclarations du ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi ont relancé le dossier, auquel Madrid continue d’opposer un refus catégorique.
Intervenant sur Asharq TV, Abdellatif Ouahbi a indiqué que la question du statut de Sebta et Mellilia faisait régulièrement partie des échanges avec les autorités espagnoles. Il a surtout insisté sur la volonté marocaine de voir ce dossier évoluer par la voie politique et dans le temps.
Rabat considère Sebta et Mellilia comme des territoires occupés et estime que leur souveraineté doit revenir au Maroc. Cette position est ancienne et s’inscrit dans la continuité de la doctrine défendue depuis l’indépendance du Royaume.
Madrid campe sur une lecture opposée. La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a rejeté toute remise en cause du statut actuel, tandis que le ministère espagnol des Affaires étrangères a affirmé qu’aucune négociation ne serait ouverte sur ce sujet.
Ce regain de tension verbale intervient après les événements de la fin juillet à Sebta. Environ 72 000 candidats à la migration avaient alors franchi la zone dans un mouvement massif qui avait causé la mort d’au moins 96 personnes.
Dans la gestion de cette crise, les autorités espagnoles ont néanmoins reconnu la coopération marocaine, notamment pour les retours et la lutte contre les réseaux de passeurs.
Rabat a, de son côté, renforcé la surveillance aux abords de Sebta et Mellilia après la diffusion d’appels à une nouvelle tentative collective prévue le 15 août.
Le ministère marocain de l’Intérieur a averti que les auteurs, relais et participants à ces appels s’exposeraient à des poursuites. Les autorités ont également insisté sur les dangers liés à ces mouvements et appelé à ne pas céder aux messages anonymes ou trompeurs diffusés sur les réseaux sociaux.
Le Maroc a aussi remis sur la table la question des mineurs marocains non accompagnés présents à Sebta. Rabat demande à l’Espagne d’accélérer leur retour afin de permettre leur réunification avec leurs familles.
Madrid a indiqué que ces situations seraient examinées au cas par cas.
Sur Sebta et Mellilia, l’écart entre les deux positions reste donc entier. Le Maroc maintient sa revendication et privilégie une démarche de dialogue, tandis que l’Espagne refuse à ce stade toute discussion sur le statut des deux territoires.


