L’ONHYM au cœur des nouvelles ambitions énergétiques du Royaume

Du sous-sol marocain au futur gazoduc reliant le Nigeria au Maroc, l’Office national des hydrocarbures et des mines élargit son terrain d’action. Forbes Africa consacre un article à l’ONHYM et à sa directrice générale, Amina Benkhadra, en mettant l’accent sur les ressources minières, le gaz naturel et les grandes infrastructures énergétiques portées par le Royaume.

L’Office, dont les origines remontent à 1928, concentre historiquement ses activités sur l’exploration, l’évaluation des ressources et la promotion des opportunités auprès des investisseurs. Son périmètre s’est progressivement étendu au transport et au stockage du gaz naturel.

L’exploration minière prend une importance croissante dans cette stratégie, portée notamment par les besoins mondiaux en minerais critiques. Le sous-sol marocain offre, selon les éléments présentés dans Forbes Africa, des perspectives sur plusieurs ressources recherchées par les nouvelles industries.

Les travaux concernent notamment le lithium, les terres rares et l’or dans les Provinces du Sud du Royaume, le cuivre dans l’Anti-Atlas occidental, le graphite dans les Jebilet et le Rif, ainsi que le cobalt, l’argent et le manganèse dans l’Anti-Atlas central. Des recherches sur la potasse progressent également dans les bassins de Khémisset et de Berrechid.

Les hydrocarbures restent parallèlement au cœur des activités de l’Office. Les bassins du Gharb et d’Essaouira continuent d’alimenter l’activité nationale tandis que le champ de Tendrara doit entrer en production en 2026. Les découvertes offshore, dont Anchois, figurent également parmi les ressources mises en avant.

L’intérêt des opérateurs internationaux s’est traduit par des investissements estimés à environ 32 milliards de dirhams au cours des deux dernières décennies. Plusieurs grands groupes énergétiques internationaux ont participé aux activités d’exploration au Maroc.

L’ONHYM a également renforcé son rôle dans les infrastructures gazières. Après l’arrêt des flux du Gazoduc Maghreb-Europe en 2021, un dispositif de flux inversé a été mis en place afin de permettre au Maroc d’importer du gaz naturel liquéfié via l’Espagne. Opérationnel depuis 2022, ce mécanisme contribue à l’approvisionnement du Royaume.

De nouvelles connexions sont parallèlement étudiées ou développées pour desservir notamment des centrales électriques et raccorder à terme le champ de Tendrara. Le stockage souterrain constitue un autre axe de travail. De premières études ont identifié des formations géologiques susceptibles d’accueillir du gaz naturel, de l’hydrogène vert ou du carbone.

Le projet de Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc concentre une autre partie des ambitions de l’Office. Lancée à l’initiative de S.M le Roi Mohammed 6 et du président du Nigeria, cette infrastructure doit parcourir plus de 6 500 kilomètres. Sa capacité envisagée atteint jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, pour un investissement estimé à environ 25 milliards de dollars.

Les études de faisabilité ont confirmé la viabilité du projet, selon les informations rapportées par Forbes Africa. Les accords avec les pays concernés avancent également, tandis que plusieurs étapes importantes sont attendues en 2026.

Au-delà de l’acheminement du gaz, le projet est conçu comme une infrastructure d’intégration régionale. Il doit connecter les ressources gazières d’Afrique de l’Ouest aux marchés de la région et à l’Europe, tout en accompagnant le développement industriel et électrique des pays traversés.

Entre minerais critiques, exploration gazière, stockage souterrain et infrastructures transcontinentales, l’ONHYM se retrouve ainsi au croisement de plusieurs chantiers stratégiques du Royaume. Une évolution qui élargit progressivement son rôle, de l’exploration du sous-sol vers la construction d’une architecture énergétique à dimension nationale et africaine.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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