La LGV Kénitra-Marrakech avance malgré un appel d’offres infructueux

Une partie du vaste chantier ferroviaire reliant Kénitra à Marrakech devra repasser par la procédure d’appel d’offres. L’Office national des chemins de fer a déclaré infructueuse la deuxième phase d’un marché portant sur plusieurs nouvelles gares, aucune entreprise n’ayant déposé d’offre.

Le lot concerné est estimé à 385 millions de dirhams hors taxes. Il prévoit notamment la réalisation d’une gare à grande vitesse et d’une gare du futur réseau express régional à Benguerir Green City, ainsi que de nouvelles installations ferroviaires à Sidi Bou Othmane, Sidi Ghanem et au niveau du Grand Stade de Marrakech.

Ce contretemps reste circonscrit à ce marché. D’autres composantes du programme ferroviaire poursuivent leur calendrier. En juillet, l’ONCF a notamment attribué à TGCC la construction de la gare de Marrakech Guéliz et du Centre technique de Marrakech.

L’entreprise marocaine a remporté ce marché avec une offre de 562,7 millions de dirhams hors taxes. SGTM avait également participé à la consultation avec une proposition dépassant 572 millions de dirhams.

L’ensemble s’inscrit dans un programme ferroviaire national évalué à 96 milliards de dirhams. Sur cette enveloppe, 53 milliards sont consacrés aux infrastructures et aux équipements de l’axe Kénitra-Marrakech. L’acquisition de nouveaux trains mobilisera 29 milliards, tandis que 14 milliards doivent être consacrés à la modernisation et à l’entretien du réseau existant.

L’extension de la grande vitesse vers Marrakech constitue l’une des pièces centrales de cette transformation. Les trains doivent circuler jusqu’à 320 km/h en exploitation commerciale, pour une infrastructure conçue pour supporter des vitesses pouvant atteindre 350 km/h.

Le gain de temps attendu est important. Le trajet entre Tanger et Marrakech doit être ramené d’un peu plus de cinq heures à environ trois heures. Entre Rabat et Marrakech, le temps de parcours visé se situe autour d’une heure et quinze minutes.

Le projet prévoit également un contournement ferroviaire à grande vitesse autour de Casablanca. Cette infrastructure doit permettre aux trains longue distance d’éviter les tronçons les plus chargés du réseau existant et de libérer davantage de capacité pour les déplacements régionaux.

Le renouvellement du matériel roulant accompagne ce changement d’échelle. L’ONCF prépare l’acquisition de 168 trains, dont 18 rames à grande vitesse, 40 trains interurbains, 60 trains régionaux et 50 rames destinées aux futurs réseaux express régionaux.

Plusieurs constructeurs internationaux figurent parmi les acteurs engagés dans les consultations et les discussions industrielles autour de ce programme, notamment Alstom, Hyundai Rotem, CAF, Talgo et CRRC.

Le développement du réseau express régional doit concerner plusieurs grands bassins urbains du Royaume, parmi lesquels Casablanca, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi.

À Marrakech, la future gare du Grand Stade doit permettre une connexion ferroviaire directe avec l’enceinte sportive. À Benguerir, la nouvelle gare doit rapprocher davantage le réseau national de l’écosystème universitaire et technologique développé autour de l’Université Mohammed VI Polytechnique.

L’ONCF devra désormais relancer ou adapter la procédure concernant les gares du lot resté sans candidat. L’épisode ne remet toutefois pas en cause les autres marchés déjà attribués ni l’avancement global d’un programme qui doit profondément transformer les liaisons ferroviaires entre le nord, le centre et le sud du Royaume.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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