La Fédération nationale du transport touristique alerte sur la situation financière des entreprises du secteur, confrontées à la hausse du gasoil, à l’augmentation des charges d’exploitation et aux dettes accumulées depuis la crise du Covid-19.
Dans un communiqué récent, l’organisation estime que les mécanismes actuels de soutien ne répondent plus suffisamment aux coûts réellement supportés par les professionnels. Elle réclame une intervention rapide des pouvoirs publics afin de préserver les entreprises les plus fragiles.
Le carburant concentre une grande partie des inquiétudes, mais la FNTT souligne que d’autres postes pèsent également sur les trésoreries. L’entretien des véhicules, les pièces de rechange, les péages et les frais liés à l’exploitation ont eux aussi progressé.
La Fédération considère que les aides actuellement accordées restent éloignées des consommations réelles. Elle cite notamment le cas des poids lourds, dont la consommation mensuelle peut atteindre environ 6.000 litres, alors que le soutien plafonné à 6.000 dirhams correspondrait, sur une base de 3 dirhams par litre, à près de 2.000 litres.
Pour les autocars, les besoins mensuels avancés par les professionnels varient entre 2.700 et 3.400 litres, tandis que l’aide disponible tourne autour de 7.000 dirhams. La FNTT évoque également les taxis, avec des niveaux de consommation et de soutien différents selon les catégories, ainsi que l’exclusion de certains véhicules utilitaires du dispositif.
Le transport touristique se trouve, selon l’organisation, dans une situation particulière. Les entreprises du secteur continuent de supporter les conséquences financières de la pandémie tout en faisant face à une hausse durable de leurs coûts.
La Fédération pointe aussi la concurrence de plateformes étrangères comme GetYourGuide et celle des applications de transport de type VTC, dont elle conteste les conditions d’activité. Elle estime que cette pression supplémentaire fragilise davantage les opérateurs du transport touristique.
Parmi ses principales revendications figure la mise en place immédiate d’un soutien exceptionnel et direct au carburant, spécifiquement adapté aux besoins du secteur. La FNTT demande également la résolution des problèmes techniques rencontrés sur la plateforme électronique consacrée aux aides.
Selon elle, plusieurs entreprises auraient été empêchées d’accéder au soutien en raison de dysfonctionnements. L’organisation réclame donc un dispositif plus fiable et plus accessible.
La Fédération remet par ailleurs en avant la création d’un gasoil professionnel subventionné. Ce mécanisme permettrait, selon elle, de réduire l’exposition des entreprises aux fluctuations des prix internationaux et de leur offrir davantage de visibilité sur leurs charges.
Elle demande également des mesures fiscales, notamment une réduction de la charge liée à la TVA sur les carburants ou la possibilité d’en récupérer une partie. Un encadrement des marges appliquées par les sociétés de carburants fait aussi partie des pistes défendues.
La FNTT appelle enfin à l’ouverture urgente de discussions avec les pouvoirs publics. Elle souhaite qu’un plan de soutien plus large soit élaboré avec les représentants de la profession afin de prévenir la disparition d’entreprises et la perte d’emplois.
L’organisation prévient que l’absence de réponse pourrait conduire à un durcissement de sa position. Elle affirme être prête à recourir aux moyens d’action prévus par la loi et la Constitution pour défendre les entreprises du secteur.


