Le Maroc figure parmi les pays appelés à soutenir la forte progression du marché ferroviaire en Afrique et au Moyen-Orient. Alors que l’industrie mondiale anticipe une croissance annuelle de 3,2 % jusqu’en 2031, les grands projets annoncés dans le Royaume, en Égypte et en Arabie saoudite contribuent aux perspectives particulièrement dynamiques de ces deux régions.
Ces projections ont été dévoilées par l’association européenne des constructeurs ferroviaires Unife à l’ouverture du salon Innotrans de Berlin. Si l’Asie-Pacifique demeure le premier marché mondial, portée notamment par l’Inde, devant l’Europe de l’Ouest, c’est en Afrique et au Moyen-Orient que les rythmes de croissance les plus importants sont enregistrés.
Dans ce paysage, le Maroc est cité parmi les marchés où de grands projets ferroviaires sont annoncés. Le Royaume s’inscrit ainsi dans une dynamique régionale qui nourrit les attentes des industriels à l’heure où le secteur mise sur de nouvelles infrastructures et sur la modernisation des réseaux existants.
Pour Martin Sion, président de l’Unife et patron d’Alstom, le ferroviaire traverse une période singulière de son histoire. Après la naissance du chemin de fer en Grande-Bretagne au début du XIXe siècle, son électrification en Allemagne à la fin du même siècle et l’avènement de la grande vitesse au Japon puis en France, une nouvelle transformation se dessine.
Cette évolution ne devrait plus être principalement guidée par la recherche de vitesse. L’industrie travaille désormais à rendre les trains plus intelligents et l’ensemble du système ferroviaire plus efficace.
Alstom a profité d’une visite de son usine de Hennigsdorf, près de Berlin, pour présenter plusieurs technologies illustrant cette mutation. Le constructeur français exploite notamment un train électrique à batterie offrant jusqu’à 120 kilomètres d’autonomie sur la liaison Leipzig-Chemnitz, dans l’est de l’Allemagne. Un matériel du même type a également été testé par la SNCF dans les régions Sud et Occitanie durant l’été.
Le groupe a aussi présenté un train régional destiné à la Suède et capable de circuler dans 80 centimètres de neige. Autre innovation exposée, un prototype pouvant être entièrement commandé à distance et sans conducteur, conçu pour faciliter les opérations de manutention à l’intérieur des dépôts.
Ce prototype provient de la flotte de la région de Munich, confrontée, comme d’autres réseaux, à une raréfaction de la main-d’œuvre. Les besoins diffèrent toutefois fortement selon les marchés. Certains pays doivent encore développer de nouvelles infrastructures ferroviaires, tandis que d’autres cherchent avant tout à améliorer les performances des réseaux déjà en service.
Cette diversité des besoins alimente les perspectives des constructeurs. Avec les grands projets annoncés au Maroc et dans plusieurs pays de la région, l’Afrique et le Moyen-Orient occupent désormais une place importante dans les anticipations de croissance de l’industrie ferroviaire mondiale.


