Stellantis perd du terrain à l’international, le Maroc et l’Algérie résistent

Stellantis a enregistré une légère baisse de ses livraisons mondiales au troisième trimestre 2026. Le groupe automobile, qui réunit notamment les marques Peugeot, Citroën, Fiat et Jeep, a écoulé 1,286 million de véhicules entre juillet et septembre, soit un recul de 1% par rapport aux 1,3 million d’unités comptabilisées un an auparavant.

Cette évolution reflète des performances contrastées selon les régions. Alors que les ventes de modèles électriques soutiennent l’activité européenne, le constructeur subit un ralentissement en Amérique du Nord ainsi qu’au Moyen-Orient et en Afrique.

Le marché nord-américain accuse une contraction de 12% des livraisons sur un an. Stellantis attribue principalement cette baisse à des interruptions programmées dans ses usines, qui ont notamment concerné la fabrication de plusieurs modèles Jeep, dont les Grand Cherokee et Compass.

La situation est également difficile au Moyen-Orient et en Afrique, où les volumes ont diminué de 21%. Ce repli s’explique en grande partie par les résultats enregistrés en Turquie, sur fond de dégradation des conditions de marché. Le groupe évoque aussi une réduction des livraisons de véhicules importés avant le lancement, prévu en octobre 2026, d’une production locale de petits utilitaires.

Le Maroc et l’Algérie affichent toutefois une dynamique plus favorable. La progression des facturations dans ces deux pays a permis de dépasser les pertes enregistrées sur les marchés du Conseil de coopération du Golfe, où l’activité automobile reste pénalisée par les répercussions du conflit régional.

À l’inverse, l’Europe constitue le principal moteur de croissance du constructeur. Les livraisons y ont progressé de 10%, représentant 54.000 véhicules supplémentaires par rapport au troisième trimestre 2025. Cette hausse repose essentiellement sur la demande de modèles entièrement électriques. Les volumes additionnels se répartissent à parts comparables entre Stellantis et Leapmotor, constructeur chinois dont le groupe détient une participation majoritaire.

Ces résultats interviennent alors que la concurrence chinoise occupe une place croissante dans les préoccupations de l’industrie automobile européenne. Dimanche, à la veille de l’ouverture du Mondial de l’Auto à Paris, le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a appelé à défendre la production automobile européenne face à cette offensive commerciale.
Le dirigeant a souligné que les marques chinoises représentent désormais 10% des ventes automobiles en Europe, une proportion appelée, selon lui, à augmenter. Il a également insisté sur les enjeux sociaux de cette concurrence, rappelant que le secteur automobile fait travailler 13 millions de personnes sur le continent.

Présent au salon parisien avec huit de ses marques, Stellantis entend ainsi défendre la place de l’industrie européenne dans un marché soumis à une pression concurrentielle grandissante.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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