Automobile : Bruxelles envisage d’élargir son « Made in Europe » au Maroc

Le Maroc figure parmi les pays susceptibles d’être intégrés au futur dispositif européen de contenu local dans l’industrie automobile. Cette possibilité fait actuellement l’objet de discussions à Bruxelles, alors que les équipementiers européens réclament des mesures plus ambitieuses face à la progression des importations chinoises de pièces et de composants.

Le débat s’inscrit dans les négociations autour de l’Industrial Accelerator Act, un texte destiné notamment à encadrer les conditions d’accès aux aides publiques et les règles applicables à l’industrie automobile. L’un des principaux points de désaccord concerne le périmètre géographique du futur « Made in Europe ». Deux approches sont examinées, l’une limitée aux 27 États membres de l’Union européenne, l’autre susceptible d’inclure également le Maroc, la Turquie et le Royaume-Uni.

Les discussions portent aussi sur la proportion de composants locaux qui pourrait être exigée, avec des seuils de 70 % ou 75 % envisagés. Le champ technologique reste également à définir, notamment sur l’éventuelle inclusion des pièces destinées aux véhicules thermiques, au-delà des seules motorisations électriques.

Ces négociations interviennent quelques jours après l’annonce d’un accord commercial entre Bruxelles et Pékin visant à limiter les importations de voitures hybrides chinoises. Le dispositif prévoit l’instauration de quotas destinés à réduire de moitié les exportations chinoises de ces véhicules vers le marché européen.

Pour la Fédération des industries des équipements pour véhicules (Fiev), cette mesure ne répond toutefois qu’à une partie des difficultés rencontrées par les fournisseurs automobiles européens. Son président, Jean-Louis Pech, a estimé mercredi 14 octobre, lors d’une conférence de presse à Paris, que l’accord constituait une avancée, sans apporter de réponse suffisante à la concurrence chinoise dans le secteur des composants.

Les chiffres avancés par la profession illustrent l’ampleur de cette pression commerciale. Entre 2021 et 2025, les importations européennes de pièces et composants automobiles en provenance de Chine ont augmenté de 67 %.

Cette progression s’est accompagnée d’une réorientation des exportations automobiles chinoises vers les modèles hybrides, après l’entrée en vigueur, en octobre 2024, de droits de douane supplémentaires européens sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.

Les équipementiers attendent désormais les arbitrages européens sur les règles de contenu local. Parmi les questions encore ouvertes figure la place qui pourrait être accordée au Maroc dans ce futur cadre industriel, aux côtés de la Turquie et du Royaume-Uni.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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