Enseignement supérieur : 66 établissements créés et un projet de 27 universités

Le Maroc prépare une nouvelle organisation de son réseau universitaire, avec l’objectif de porter le nombre d’universités publiques de 12 à 27. Ce projet, dont l’élaboration touche à sa fin, accompagne l’ouverture de 66 établissements entre 2024 et 2026, tandis que 17 autres attendent encore leur approbation réglementaire.

Ces chiffres ont été présentés lundi 26 octobre à la Chambre des représentants par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzeddine El Midaoui, lors d’une séance de questions orales consacrée à la répartition territoriale de l’offre universitaire.

Parmi les 66 établissements mis en place au cours des trois dernières années, 46 résultent de la réorganisation et de la séparation de structures universitaires à accès ouvert. Les 20 autres correspondent à de nouvelles institutions conçues selon un modèle de formation renouvelé.

Dix-sept établissements supplémentaires figurent dans un projet de décret qui a déjà franchi l’étape de la Commission nationale de coordination et poursuit son parcours d’approbation.

L’élargissement du réseau a notamment permis à quatre provinces d’accueillir leurs premières institutions universitaires. Il s’agit de Taourirt, Taroudant, Tiznit et Taounate, jusqu’alors dépourvues de ce type d’établissement.

La prochaine étape concerne la refonte de la carte universitaire nationale. Le ministère envisage une augmentation du nombre d’universités publiques afin que chacune des douze régions dispose au minimum d’une structure universitaire. Le dispositif prévoit notamment des universités à Dakhla, Laâyoune, Guelmim et Errachidia.

Cette réorganisation devrait également modifier la taille des établissements. Le nombre moyen d’étudiants accueillis par université, actuellement proche de 95.000, serait ramené à moins de 40.000.

La première phase du projet nécessiterait un investissement estimé à 200 millions de dirhams. Cette enveloppe serait consacrée à la construction et à la gestion des sièges des présidences universitaires.

Pour définir les nouvelles implantations, le ministère s’appuie sur une étude des caractéristiques des douze régions du Royaume. Les critères examinés comprennent notamment la démographie, les ressources économiques et les activités présentant un potentiel de développement.

Les futurs établissements de nouvelle génération devraient proposer des formations dans l’ensemble des disciplines. Leur organisation tiendra compte des besoins propres à chaque territoire, mais aussi des priorités nationales et des évolutions observées à l’échelle internationale.

Azzeddine El Midaoui a notamment insisté sur la nécessité de rapprocher les cursus universitaires des réalités économiques locales. L’adaptation des formations aux besoins du marché du travail constitue, selon lui, une composante essentielle de cette transformation.

La dimension territoriale du projet concerne également les conditions de vie des étudiants. Une présence universitaire plus étendue devrait limiter les déplacements vers les grandes villes et réduire les dépenses supportées par les familles, particulièrement pour le transport et le logement.

Le ministre a également évoqué les difficultés d’accès aux études supérieures rencontrées par certaines catégories de la population. Le développement d’établissements de proximité devrait notamment favoriser la poursuite des études des jeunes filles et des étudiants issus de milieux ruraux défavorisés.

Au-delà de l’accès à la formation, le gouvernement attend de cette nouvelle organisation des effets sur l’activité économique régionale. Les universités sont appelées à participer à la qualification des ressources humaines, à faciliter l’insertion professionnelle des diplômés et à accompagner les besoins des investisseurs.

Le projet prévoit aussi une meilleure répartition des compétences et des moyens humains entre les territoires. Le développement de la recherche et des activités culturelles et scientifiques dans les différentes régions fait partie des résultats recherchés.

La réforme de la carte universitaire doit ainsi permettre d’élargir l’accès à l’enseignement supérieur tout en rapprochant davantage les établissements des besoins économiques et sociaux de leurs territoires d’implantation.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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