Le développement international du futur ensemble LabelVie-Retail Holding devrait se concentrer prioritairement sur le continent africain, avec une préférence marquée pour les marchés d’Afrique de l’Ouest. Malgré les sollicitations reçues dans plusieurs pays du Golfe et en Afrique de l’Est, le groupe entend avancer de manière sélective, en privilégiant les territoires où il estime disposer des meilleures conditions d’exploitation.
Cette orientation intervient après une expérience française qui n’a pas donné les résultats commerciaux attendus. Le groupe, qui avait tenté de se développer dans l’exploitation d’hypermarchés en France, a finalement quitté cette activité.
Ses dirigeants ne considèrent toutefois pas cette opération comme un échec sans contrepartie. L’expérience leur aurait permis d’améliorer leurs pratiques dans plusieurs domaines, notamment l’organisation des magasins, les procédures internes et les métiers alimentaires spécialisés.
La boulangerie-pâtisserie figure parmi les activités dans lesquelles les équipes ont pu observer des méthodes de travail différentes de celles pratiquées au Maroc. Ces apprentissages sont présentés comme l’un des principaux bénéfices de cette implantation.
Sur le plan financier, les conséquences du retrait auraient été limitées. Le groupe exploitait les établissements concernés sous un régime de location-gérance et ne détenait pas les actifs immobiliers. Cette formule aurait réduit son exposition aux coûts liés à l’arrêt de l’activité.
L’expérience française ne devrait donc pas déboucher sur une nouvelle stratégie d’expansion européenne. Les dirigeants privilégient désormais les perspectives offertes par les marchés marocain et africains.
Le Maroc reste la première priorité. Selon les données avancées dans l’entretien, la distribution moderne représente moins de 20% du commerce national. Cette part encore limitée constitue, aux yeux du groupe, un important réservoir de croissance pour les prochaines années.
À l’international, la Côte d’Ivoire occupe une place centrale dans la stratégie envisagée. Retail Holding y dispose déjà d’activités à travers CDCI, apportant au nouvel ensemble une implantation sur laquelle il pourrait s’appuyer pour poursuivre son développement régional.
Le potentiel ivoirien est jugé particulièrement important. La distribution moderne n’y représenterait que 2% du commerce global, selon les estimations communiquées. Ce faible niveau de pénétration laisse entrevoir des possibilités d’expansion pour les opérateurs structurés.
D’autres pays d’Afrique de l’Ouest pourraient également présenter un intérêt. Le Sénégal, le Ghana et le Niger figurent parmi les marchés évoqués, même si aucune décision d’implantation n’a été annoncée à leur sujet.
Le groupe insiste cependant sur la nécessité d’aborder chaque pays selon ses propres caractéristiques. Les différences de culture, de consommation, d’environnement économique et de pratiques commerciales rendent difficile l’application d’un modèle identique à l’ensemble du continent.
Les marchés francophones bénéficient, dans cette perspective, d’un avantage lié à la proximité linguistique et aux habitudes de gestion. Cette préférence explique notamment la prudence du groupe face aux possibilités qui lui ont été soumises au Kenya et en Éthiopie.
Des opérateurs de plusieurs pays du Conseil de coopération du Golfe ont également manifesté leur intérêt pour des partenariats dans la grande distribution. Ces sollicitations témoignent, selon les dirigeants, de la reconnaissance acquise par le groupe dans son métier.
Pour autant, aucune implantation dans cette région n’est envisagée à court terme. Les différences culturelles et opérationnelles conduisent le groupe à privilégier les marchés africains qu’il estime mieux connaître.
La sélection des pays ne repose pas exclusivement sur une planification géographique arrêtée à l’avance. Les opportunités proposées par des partenaires locaux jouent un rôle important dans les décisions d’investissement. Le groupe examine ces projets au cas par cas, en fonction de leur pertinence et de sa capacité à les exploiter.
Cette stratégie doit accompagner la transformation engagée avec Retail Holding. En réunissant plusieurs enseignes et activités, LabelVie entend disposer de moyens plus importants pour développer ses opérations au-delà du Maroc.
L’ambition africaine reste néanmoins progressive. Le groupe veut d’abord consolider ses positions nationales, renforcer son implantation ivoirienne et saisir les opportunités qui pourraient se présenter dans les pays voisins, plutôt que multiplier simultanément les ouvertures sur des marchés éloignés.


