Maroc-Égypte : l’ASMEX ouvre de nouvelles pistes pour les exportateurs marocains

Le Maroc cherche à renforcer ses exportations vers l’Égypte, un marché avec lequel il a enregistré un déficit commercial supérieur à 10 milliards de dirhams en 2025. Pour développer les ventes marocaines, la Confédération marocaine des exportateurs (ASMEX) et l’ambassade d’Égypte à Rabat travaillent sur plusieurs initiatives destinées à rapprocher les entreprises des deux pays et à lever les obstacles rencontrés par les opérateurs.

Ces orientations ont été examinées lors d’une rencontre entre Sonia Mezzour, présidente de l’ASMEX, et Ahmed Nehad Abdel-Latif, ambassadeur d’Égypte au Maroc. Les discussions ont notamment porté sur l’identification de nouveaux débouchés pour les produits marocains, l’accompagnement des exportateurs déjà présents en Égypte et les possibilités de coopération industrielle.

Quatre familles de produits ont été retenues pour approfondir la prospection commerciale. Les engrais, les conserves et produits de la mer congelés, les cosmétiques à base d’argan ainsi que l’huile d’olive figurent parmi les secteurs susceptibles de gagner des parts de marché auprès des acheteurs égyptiens.

L’objectif est notamment de positionner les entreprises marocaines sur des segments actuellement approvisionnés par d’autres pays. Les deux parties devront toutefois préciser les attentes des importateurs égyptiens, notamment les quantités recherchées, les spécifications des produits et les modalités commerciales, avant d’organiser des mises en relation.

Pour les sociétés marocaines qui exportent déjà vers l’Égypte, le travail portera davantage sur l’élargissement de leur clientèle. L’ASMEX et l’ambassade souhaitent faciliter les contacts avec de nouveaux distributeurs et partenaires commerciaux, tout en identifiant les contraintes qui limitent le développement des échanges.

Une visite d’importateurs et d’investisseurs égyptiens au Maroc figure également parmi les initiatives envisagées. Les conditions d’organisation de cette mission restent en discussion avec les autorités concernées. Elle pourrait permettre aux entreprises marocaines de présenter leurs produits, de rencontrer des acheteurs potentiels et d’examiner des possibilités de partenariat.

Les formalités d’accès au marché égyptien constituent un autre volet des échanges. Plusieurs difficultés liées aux procédures de l’Organisation générale égyptienne de contrôle des exportations et des importations (GOEIC) ont été évoquées.

Afin de faciliter le traitement des dossiers, un interlocuteur spécifique devrait être désigné au sein de l’ambassade d’Égypte. De son côté, l’ASMEX recueillera les problèmes signalés par ses adhérents pour les soumettre aux administrations compétentes et assurer leur suivi.

Les discussions ont également dépassé le cadre des exportations directes. Les deux institutions ont abordé la création éventuelle de coentreprises et le développement de projets industriels communs, notamment au Maroc. Ces investissements pourraient permettre de produire localement pour approvisionner d’autres marchés, en particulier l’Union européenne et l’Afrique subsaharienne.

Cette piste s’inscrit dans les possibilités offertes par la Charte marocaine de l’investissement. Elle reste toutefois au stade de l’exploration, aucun projet industriel précis n’ayant été annoncé à l’issue de la rencontre.

L’ASMEX doit maintenant recenser les entreprises marocaines intéressées par le marché égyptien, recueillir les besoins des acheteurs et préparer les premiers contacts commerciaux. Ce travail servira également à établir un état des difficultés administratives rencontrées par les exportateurs, en vue de proposer des solutions aux institutions des deux pays.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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