À Rabat, l’Afrique sommée d’investir dans l’IA

Réunis au Maroc, les ministres africains des Finances ont été appelés par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique à accélérer leurs investissements dans l’intelligence artificielle. L’institution estime que le continent ne pourra pas tirer parti de cette transformation sans un effort financier massif, combinant recours à l’emprunt et mobilisation accrue des ressources internes.

Le rapport présenté lors de cette rencontre met en garde contre un décrochage économique. Faute d’infrastructures adaptées, plus d’une cinquantaine de pays africains risquent de rester en marge des mutations liées à l’IA. Aujourd’hui, le continent ne concentre qu’une part infime des centres de données mondiaux, un retard qui pose autant des enjeux économiques que de souveraineté.

Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme un point d’ancrage pour ces discussions stratégiques. L’accueil de cette réunion continentale illustre le rôle que le pays entend jouer dans la structuration des politiques économiques et technologiques africaines, à l’heure où la maîtrise des données et des capacités numériques devient un levier de compétitivité.

Le document insiste sur la nécessité d’élargir les sources de financement. Les budgets publics, jugés insuffisants, doivent être complétés par une meilleure collecte fiscale et par le recours aux marchés financiers. Les fonds de pension, les fonds souverains et les mécanismes de financement mixte sont également identifiés comme des leviers essentiels pour soutenir les investissements dans les infrastructures numériques et énergétiques.

L’ONU souligne par ailleurs le lien étroit entre développement technologique et production d’énergie. Le déploiement des infrastructures de données pourrait stimuler la demande électrique tout en renforçant la fiabilité des réseaux, créant ainsi un cercle vertueux au service des industries numériques.

Au-delà du financement, la montée en compétences constitue un enjeu central. Le rapport appelle les États à investir dans la formation et à accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, considérée comme un cadre propice à l’essor d’un marché numérique intégré.

L’intelligence artificielle est présentée comme un levier de transformation économique. En s’appuyant sur ces technologies, les pays africains pourraient réduire leur dépendance aux matières premières et développer des industries à plus forte valeur ajoutée. L’exploitation locale des minerais critiques, notamment pour la fabrication de batteries ou de composants électroniques, est citée comme une opportunité à saisir pour renforcer l’industrialisation du continent.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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