Airbus pourrait franchir un nouveau cap dans son implantation industrielle au Maroc. Le groupe européen travaille sur un projet de troisième usine de 6 900 mètres carrés et envisage de développer une activité de maintenance d’hélicoptères. L’ensemble s’inscrit dans un programme d’expansion qui porterait à 30 % l’augmentation de ses installations dans le Royaume.
Ces perspectives ont été présentées par Mickaël Bertrand, représentant du constructeur au Maroc, au cours d’un entretien avec Asharq Business. Si les projets sont encore en préparation, Airbus prévoit de communiquer officiellement sur ses intentions dans les mois à venir.
La nouvelle unité industrielle serait destinée à accueillir plusieurs étapes de la production aéronautique, depuis la conception des pièces jusqu’à leur assemblage. Elle viendrait compléter les deux établissements déjà exploités par le groupe sur le territoire marocain, qui emploient actuellement plus de 1 300 personnes.
Autour de ces implantations, Airbus a constitué un réseau industriel d’environ 100 fournisseurs locaux. Ces entreprises participent à la réalisation de composants utilisés dans plusieurs modèles d’avions du constructeur.
La production marocaine comprend notamment des équipements destinés au poste de pilotage de l’A320, des pièces de structure du fuselage, des éléments de plancher et divers composants d’aménagement intérieur. À travers Airbus Atlantic Maroc Composites, le groupe dispose également de capacités de fabrication de pièces composites intégrées aux programmes Airbus et ATR.
Un autre volet du développement envisagé concerne les hélicoptères. Le constructeur souhaite mettre en place au Maroc un établissement chargé de leur entretien, de leur réparation et de leur révision. Cette activité, désignée dans l’industrie aéronautique par l’acronyme MRO, ciblerait les besoins des opérateurs marocains, mais également ceux de plusieurs marchés ouest-africains.
L’arrivée de ces nouvelles prestations permettrait à Airbus d’étendre ses activités marocaines à des services techniques, en complément de la production de composants qui constitue aujourd’hui une part importante de sa présence industrielle.
Les projets du constructeur interviennent dans un contexte de croissance des ventes extérieures de l’aéronautique marocaine. Sur les huit premiers mois de 2026, les exportations du secteur ont généré 22,969 milliards de dirhams, selon les données rapportées par Asharq Business. Ce montant représente une progression de 21,5 % par rapport à la même période de 2025.
Le tissu industriel national regroupe près de 160 entreprises, selon le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS). Aux côtés des grands équipementiers internationaux, de nombreux sous-traitants spécialisés interviennent dans la fabrication de pièces et de systèmes aéronautiques.
L’intérêt d’Airbus pour de nouveaux investissements au Maroc s’était déjà manifesté en juin 2025, lors du Salon du Bourget. Wouter van Wersch, vice-président exécutif international du groupe, avait alors évoqué les opportunités offertes par le développement de l’industrie aéronautique marocaine.
Le constructeur faisait à cette occasion référence à près de 2 000 emplois liés à ses activités dans le Royaume, alors que se précisait l’accord concernant l’acquisition de l’établissement Spirit AeroSystems de Casablanca.
Les échanges avec les autorités marocaines portent également sur des perspectives industrielles de plus grande ampleur. Parmi les objectifs exprimés par le Royaume figure l’accueil, à long terme, d’une ligne d’assemblage final d’avions commerciaux.
À ce stade, Airbus n’a pas encore détaillé le calendrier de construction de la troisième usine ni celui du futur centre de maintenance. Les prochaines annonces du groupe devraient permettre de connaître les modalités de réalisation de ces deux projets.


