Les flux mondiaux de diesel russe ont connu un ralentissement en mars, mais le Maroc figure toujours parmi les destinations qui continuent de capter une partie de ces volumes. Dans un contexte marqué par des perturbations logistiques et sécuritaires en Russie, le Royaume apparaît comme l’un des points d’ancrage de ces exportations.
Selon plusieurs données de marché, les expéditions maritimes de diesel et de gazole russes ont reculé de 3 % par rapport à février, pour s’établir autour de 3,06 millions de tonnes. Cette baisse s’explique en grande partie par les attaques de drones ayant visé plusieurs infrastructures portuaires stratégiques, notamment sur la façade baltique.
Le port de Primorsk, principal hub d’exportation de diesel russe, a enregistré un repli de ses volumes, affecté par des incidents ayant perturbé les opérations de chargement. Les installations ont dû suspendre temporairement leur activité avant une reprise partielle en fin de mois, avec des capacités réduites en raison des dégâts subis.
Au sud, le port de Novorossiysk a également vu ses expéditions chuter nettement, pénalisées à la fois par des conditions météorologiques difficiles et par des attaques similaires. À ces contraintes s’ajoutent des restrictions sur certains navires, notamment ceux non adaptés aux conditions de navigation en eaux froides, ce qui a limité davantage les flux.
Malgré ces perturbations, plusieurs pays ont maintenu leurs importations. La Turquie et le Brésil restent en tête des acheteurs, tandis que le Maroc s’inscrit parmi les marchés qui continuent à être régulièrement alimentés par le diesel russe, aux côtés du Ghana et de la Syrie. Une partie des cargaisons reste toutefois en transit ou sans destination finale déclarée, certaines étant dirigées vers des zones de mouillage en Méditerranée orientale.
Dans ce contexte de tensions accrues et de sanctions renforcées, les opérateurs ont intensifié les transferts de cargaison entre navires, une pratique en hausse depuis le début de l’année pour contourner les contraintes logistiques et commerciales.
