Les banques devraient rester l’un des principaux moteurs de croissance de la Bourse de Casablanca au cours des deux prochaines années. C’est le scénario dessiné par BMCE Capital Global Research dans son étude prospective publiée en mai 2026, qui table sur une progression soutenue des bénéfices des sociétés cotées, portée en premier lieu par le secteur financier.
Les projections couvrant le Scope 40 anticipent un chiffre d’affaires global de 352 milliards de dirhams en 2026, en hausse de 13,6 %, avant un nouveau gain de près de 7 % en 2027 à 376,6 milliards. Le résultat net part du groupe progresserait de 9,7 % dès 2026 à 49,7 milliards de dirhams puis de 7,3 % l’année suivante pour atteindre 53,4 milliards. Retraité de l’effet exceptionnel lié au dossier IAM et Wana, le rythme de progression dépasserait 13 % dès 2026.
Dans cette dynamique, les banques occupent une position centrale. Elles contribueraient à hauteur de 42,5 % à la hausse attendue des bénéfices en 2026, derrière les mines mais loin devant les autres secteurs. Cette performance serait alimentée par la croissance du produit net bancaire, une meilleure maîtrise des coûts et un allègement progressif du risque.
BMCE Capital prévoit ainsi une hausse de 6,3 % du produit net bancaire des financières à 80,5 milliards de dirhams en 2026, avant une progression plus modérée en 2027. La marge d’intérêt continuerait de bénéficier du cycle d’investissement en cours, notamment dans les infrastructures et les secteurs exportateurs, tandis que les revenus issus des commissions resteraient bien orientés. Les activités de marché devraient en revanche retrouver un profil plus normalisé après plusieurs exercices soutenus par des effets favorables sur les taux.
La capacité bénéficiaire du secteur financier suivrait cette tendance avec un résultat net attendu en hausse de 10,7 % à 19,7 milliards de dirhams en 2026 puis de 7,5 % en 2027. Le coût du risque poursuivrait sa détente progressive, signe d’une sortie graduelle de la phase de provisionnement renforcé observée depuis la période post-Covid.
Les assurances devraient également contribuer à cette séquence favorable. Le secteur profiterait de la fusion-absorption attendue d’Allianz Maroc par Sanlam Maroc ainsi que d’une amélioration annoncée de la sinistralité. Les primes acquises nettes progresseraient de plus de 15 % en 2026, accompagnées d’une hausse de près de 29 % du résultat net sectoriel.
Du côté des industries, BMCE Capital mise sur l’accélération des grands chantiers d’infrastructures, la préparation de la Coupe du monde 2030, la vigueur du tourisme et une campagne agricole favorable. Les revenus industriels bondiraient de 16 % en 2026, soutenus notamment par les mines, le BTP et la distribution. Les analystes mettent toutefois en garde contre plusieurs risques, parmi lesquels les tensions géopolitiques, la volatilité énergétique et les incertitudes sur le commerce mondial.
Sur le plan boursier, la masse globale des dividendes poursuivrait sa progression pour atteindre 27 milliards de dirhams en 2026 puis 28,8 milliards un an plus tard. Dans le même temps, le PER du Scope 40 reculerait progressivement, alimentant l’idée d’un marché dont les bénéfices progressent plus vite que les valorisations.

