Saham Bank veut savoir jusqu’où les épargnants marocains sont prêts à aller pour s’exposer au Bitcoin, mais sans acheter directement de cryptomonnaie. La banque lance un certificat de dépôt structuré, un placement bancaire en dirhams dont le gain dépendra de l’évolution d’un fonds coté lié au Bitcoin.
Le produit ne permet donc pas de détenir du Bitcoin. Il s’appuie sur l’ETF iShares Bitcoin Trust de BlackRock, coté au Nasdaq sous le symbole IBIT. Cet instrument suit l’évolution du Bitcoin et permet d’y être exposé de manière indirecte, à travers un support financier encadré.
Le placement est prévu pour trois ans. Chaque certificat vaut 100.000 dirhams et les personnes physiques doivent souscrire au moins trois certificats, soit 300.000 dirhams. Le produit vise donc une clientèle disposant d’une capacité d’épargne importante, et non le petit épargnant.
Le principal argument mis en avant est la protection de 90 % du capital à l’échéance. En clair, même si le fonds lié au Bitcoin baisse, l’investisseur récupère au minimum 90 % du montant placé au bout de trois ans. Il peut donc perdre 10 % de son capital. Le placement n’est pas garanti à 100 %.
Le gain dépend ensuite de l’évolution du fonds. Si l’ETF progresse sans dépasser 60 %, l’épargnant récupère 90 % de son capital, plus la hausse enregistrée. Si la hausse dépasse 60 %, il ne profite pas de toute la progression. Il récupère 90 % de son capital et reçoit un gain fixe de 38 %. À l’inverse, si le fonds recule, il ne touche aucun gain et récupère seulement 90 % de sa mise.
Le produit est donc différent d’un achat direct de Bitcoin. En cas de forte hausse, le rendement peut être plafonné. En cas de baisse, la perte est limitée mais elle existe. C’est le principe d’un produit structuré, qui transforme l’évolution d’un actif risqué en une formule de gain ou de perte connue à l’avance.
Saham Bank met en avant l’intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour les ETF Bitcoin, la quantité limitée de Bitcoins dans le monde et le prochain halving attendu en 2028. La banque rappelle aussi que le Bitcoin a connu de fortes performances par le passé, mais avec une volatilité élevée.
Un tel lancement marque toutefois une réelle évolution dans l’offre bancaire au Maroc. Le Bitcoin n’est plus seulement un sujet de plateformes crypto ou de spéculation en ligne. Il devient un thème utilisé dans un produit d’épargne structuré, distribué par une banque et libellé en dirhams.
Le test quant à lui demeure prudent. Saham Bank ouvre la porte aux actifs numériques, mais avec plusieurs garde-fous, une exposition indirecte, une durée de trois ans, un ticket d’entrée élevé et une protection limitée à 90 % du capital. Pour l’épargnant, le message est clair. Le produit peut rapporter si le Bitcoin progresse, mais il ne garantit ni le capital total ni un rendement positif.

