Boeing voit la flotte africaine doubler d’ici 2045 et mise sur le Maroc

Le transport aérien africain s’apprête à changer d’échelle. Boeing estime que la flotte commerciale du continent pourrait passer de 755 avions en 2025 à 1.625 appareils en 2045, portée par une progression soutenue du trafic et par le renouvellement des avions actuellement en service.

Présent au Marrakech Air Show 2026, le constructeur américain prévoit une croissance annuelle moyenne de 5,8 % du trafic passagers africain sur les vingt prochaines années. La démographie, l’urbanisation, le développement de la classe moyenne et l’amélioration des infrastructures figurent parmi les facteurs avancés pour expliquer cette trajectoire.

Cette expansion devrait générer un besoin de 1.165 nouveaux avions entre 2026 et 2045. Les monocouloirs représenteraient les trois quarts des livraisons avec 870 appareils. Boeing anticipe également une demande de 240 gros-porteurs, 40 avions régionaux et 15 avions cargo.

Le renouvellement de la flotte occupera une place importante dans ce mouvement. À l’horizon 2045, 92 % des avions commerciaux exploités en Afrique devraient appartenir à des générations technologiques plus récentes. Moins de 125 des 755 appareils actuellement en service seraient encore exploités à cette échéance.

Les gros-porteurs devraient passer de 135 à 315 unités en vingt ans, tandis que la flotte cargo progresserait de 60 à 150 appareils. Boeing associe ces évolutions au développement des hubs africains, des liaisons intercontinentales, de la logistique et du commerce électronique.

La croissance attendue ne sera pas uniforme selon les marchés. Les liaisons entre l’Afrique et le Moyen-Orient devraient afficher le rythme le plus élevé, avec une progression annuelle de 7,1 % jusqu’en 2045. Le trafic serait ainsi presque quadruplé.

Les déplacements à l’intérieur du continent progresseraient de 6,5 % par an et seraient multipliés par 3,5 sur la même période. Boeing relève que le réseau intra-africain a déjà augmenté de plus de 20 % au cours de la dernière décennie, malgré la fragmentation des marchés et le nombre limité d’accords de services aériens entre certains pays.

Les liaisons avec l’Europe conserveraient un poids majeur, avec une croissance annuelle attendue de 3,4 %. Le trafic devrait doubler en vingt ans et l’Europe resterait le premier marché international de passagers au départ et à destination de l’Afrique.

Cette transformation ouvre également un marché important dans les services aéronautiques. Boeing l’évalue à 140 milliards de dollars entre 2026 et 2045. La maintenance représenterait 90 milliards de dollars, contre 45 milliards pour les services numériques et 5 milliards pour la formation et les services destinés aux pilotes.

Le Maroc occupe une place particulière dans le dispositif africain du constructeur. Présent dans le Royaume depuis plus de cinq décennies, Boeing travaille avec des fournisseurs marocains pour la fabrication de composants aéronautiques et accompagne le développement de l’écosystème industriel local.

Les prévisions présentées à Marrakech ne précisent toutefois pas la part du marché africain des services que pourrait capter le Maroc. Elles font apparaître des besoins croissants dans des activités déjà présentes dans l’écosystème national, notamment la maintenance, les compétences techniques, la formation et les services.

La question des ressources humaines accompagnera directement la hausse du trafic. Boeing estime que l’Afrique devra former 75.000 nouveaux professionnels de l’aviation d’ici 2045. Les besoins portent sur 22.000 pilotes, 25.000 techniciens et 28.000 membres d’équipage de cabine.

Pour le constructeur américain, l’expansion annoncée du marché africain ne se limitera donc pas à l’acquisition de nouveaux avions. Le renouvellement des flottes, les services, les technologies numériques et la formation accompagneront également cette croissance, dans un environnement où Boeing compte continuer à s’appuyer sur son implantation historique au Maroc.

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