Casamémoire change de visage sans rompre avec sa ligne directrice. L’assemblée générale de l’association, réunie récemment à Casablanca, a reconduit Karim Rouissi à la présidence pour un second mandat, tout en installant une nouvelle équipe autour de lui. Fondée en 1995, cette structure militante poursuit son engagement en faveur du patrimoine architectural du XXᵉ siècle, à un moment où les tensions sur le tissu urbain de la métropole rendent son action plus nécessaire que jamais.
Le bureau renouvelé affiche une certaine diversité dans les profils. Yacine Benzriouil devient vice-président, Mahja Nait Barka prend en main le secrétariat général, épaulée par Leila Akhmisse. Abbas Msefer s’occupe désormais de la trésorerie, assisté par Hamza Diouri. Aymen Bellab, Clémentine Benslimane et Rabéa Ridaoui complètent la formation en tant qu’assesseurs. La nouvelle équipe devra porter les chantiers structurants de l’association pour les années à venir.
Parmi ces priorités, la création de la Maison du Patrimoine fait figure de projet phare. Ce futur espace, pensé comme un lieu de transmission vivante, regroupera une médiathèque, des ateliers, des conférences et des expositions. L’enjeu est clair : faire du patrimoine un levier de dialogue culturel et de création collective, accessible au plus grand nombre.
Le virage numérique entamé ces dernières années sera poursuivi et renforcé. L’application mobile CasaTourat, qui propose des parcours audioguidés dans les quartiers anciens de Casablanca, devrait être enrichie de nouveaux contenus. L’Université Numérique du Patrimoine poursuivra également son développement, avec l’ambition d’élargir l’accès au savoir à travers des ressources pédagogiques destinées autant aux professionnels du secteur qu’au public curieux.
Sur le terrain institutionnel, l’association entend renforcer ses liens avec les pouvoirs publics, au niveau local comme national. Casamémoire souhaite contribuer plus activement aux politiques de sauvegarde, dans une ville où les logiques immobilières et les mutations urbaines peuvent menacer un héritage encore trop peu protégé.
Enfin, les initiatives de terrain restent un pilier de son action. Les Journées et Nocturnes du Patrimoine, les Rencontres du Patrimoine ou encore les études menées in situ continueront à mobiliser les citoyens et à nourrir un débat de fond sur la mémoire urbaine. L’enjeu est de faire du patrimoine un sujet vivant, au cœur des choix collectifs pour l’avenir de Casablanca.




