Jazzablanca a proposé jeudi soir l’un de ses plateaux les plus contrastés de cette 19e édition, entre pop internationale, jazz virtuose et blues-rock. Sur la scène Casa Anfa, Charlotte Cardin puis Mika ont occupé le devant de l’affiche, tandis que Hiromi Uehara et Fantastic Negrito ont porté la soirée sur la scène 21.
Charlotte Cardin a ouvert le bal dans une atmosphère plus retenue. Vêtue d’une longue robe blanche, la chanteuse canadienne a installé un univers intime, soutenu par une interprétation précise et une forte proximité avec le public casablancais.
La Montréalaise a repris plusieurs titres marquants de son répertoire, parmi lesquels Take Me Back, Passive Aggressive, Meaningless et Puppy. Sa prestation a alterné passages puissants et séquences plus délicates, dans un registre fidèle à son identité musicale.
Entre les morceaux, l’artiste a échangé avec les festivaliers et évoqué avec humour certains épisodes de sa vie sentimentale, thème récurrent de ses chansons. Elle a également confié son souhait ancien de se produire au Maroc, une déclaration accueillie par de nombreux applaudissements.
Après 23 heures, Mika a fait basculer la scène Casa Anfa dans une ambiance beaucoup plus festive. Le chanteur est apparu dans un costume vert scintillant, avant d’enchaîner chorégraphies, déplacements sur scène et interactions avec le public.
Son concert s’est appuyé sur plusieurs titres connus, dont Relax, Take It Easy, Modern Times et Eleven. Trois ans après son précédent passage à Casablanca, Mika a retrouvé un public très réceptif, qui a repris plusieurs refrains et transformé l’espace en vaste piste de danse.
La scène 21 proposait au même moment une programmation davantage tournée vers le jazz et le blues. Hiromi Uehara y a livré une performance particulièrement intense, accompagnée d’un trompettiste, d’un bassiste et d’un batteur.
La pianiste japonaise a interprété des compositions issues de ses deux derniers albums, Sonic Wonderland et Out There. Passant du piano au clavier avec une grande aisance, elle a parfois joué des deux instruments simultanément, dans une démonstration mêlant technique, énergie et improvisation.
Avant son concert, Hiromi Uehara avait expliqué à la MAP que l’imprévu occupait une place essentielle dans son travail. Elle avait également insisté sur le dialogue avec le public, qu’elle considère comme une part intégrante de la création musicale sur scène.
Fantastic Negrito a ensuite prolongé la soirée avec un registre plus électrique. Guitare en bandoulière, l’artiste américain a imposé un blues-rock nourri de soul, porté par des rythmes rapides, des riffs appuyés et une présence scénique très directe.
Il a notamment interprété An Honest Man et Chocolate Samurai. Sa prestation a conclu une soirée construite autour de quatre univers distincts, réunis dans une même programmation entre émotion, virtuosité et énergie.

