Conflit au Moyen-Orient : la BERD alerte sur les tensions énergétiques au Maroc

La perspective d’un choc énergétique prolongé inquiète la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, qui alerte sur un possible ralentissement de la croissance dans plusieurs économies émergentes, dont le Maroc. L’institution évoque une révision à la baisse pouvant atteindre 0,4 point lors de ses prochaines prévisions, attendues en juin, si les prix de l’énergie se maintiennent à des niveaux élevés.

La flambée des cours du pétrole s’inscrit dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, après des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. La riposte de Téhéran, marquée par la fermeture de fait du détroit d’Ormuz, perturbe un axe essentiel du commerce mondial de brut et accentue les incertitudes sur l’approvisionnement.

Pour les pays importateurs d’énergie, les répercussions pourraient se multiplier. La BERD souligne un enchaînement de pressions sur les économies, entre hausse des coûts énergétiques, renchérissement des engrais et des produits alimentaires, perturbations des chaînes logistiques, recul du tourisme et baisse des transferts financiers en provenance des pays du Golfe. À cela s’ajoutent des tensions inflationnistes, des budgets publics sous contrainte et des conditions de financement plus strictes.

Le Maroc figure parmi les économies exposées à ce choc, en raison d’un déficit commercial énergétique important et d’une forte dépendance au pétrole. Dans un scénario où le baril dépasserait durablement les 100 dollars, l’inflation mondiale pourrait s’accroître de plus de 1,5 point, ce qui accentuerait les déséquilibres pour les pays les plus vulnérables.

La durée du conflit et l’ampleur des dommages sur les infrastructures énergétiques restent des variables déterminantes. Dans le cas d’une perturbation prolongée de l’offre en provenance du Golfe, les prix du pétrole pourraient atteindre des niveaux extrêmes, jusqu’à 180 dollars le baril selon la BERD.

À l’inverse, certains producteurs d’hydrocarbures pourraient tirer profit de la situation. La Russie verrait ses revenus issus du pétrole, du gaz et des engrais progresser significativement. Chaque hausse de 10 dollars du baril représenterait un gain équivalent à 1,5 point de son produit intérieur brut pour 2025, selon les estimations de la banque.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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