Depuis le Maroc, Africa50 vise 20 milliards de dollars de projets

Casablanca confirme son rôle de plateforme financière pour les infrastructures africaines à travers Africa50. Basé au Maroc, le fonds d’investissement prévoit de porter à au moins 20 milliards de dollars la valeur des projets qu’il accompagne au cours des cinq prochaines années, soit plus du double de son niveau actuel.

Créé en 2015 par des dirigeants africains, Africa50 a jusqu’ici co-investi dans 36 projets représentant environ 9 milliards de dollars. Son portefeuille couvre notamment l’énergie, les transports, la logistique, les technologies de l’information et la santé.

Depuis Casablanca, la direction du fonds affiche désormais des ambitions nettement plus importantes. Sa directrice des opérations, Tshepidi Moremong, estime qu’Africa50 peut doubler, voire tripler, la valeur des projets soutenus dans les prochaines années. L’objectif affiché dépasse les 20 milliards de dollars sur cinq ans.

Le fonds a engagé environ 500 millions de dollars en fonds propres dans les projets déjà accompagnés. Sa stratégie devrait continuer à privilégier les secteurs où les besoins de financement restent particulièrement élevés, avec une attention importante portée à la production et au transport d’électricité.

Cette orientation répond au déficit structurel de financement des infrastructures sur le continent. Selon la Banque africaine de développement, les besoins non couverts dépassent 100 milliards de dollars par an, dans un contexte également marqué par le recul des financements publics au développement provenant des économies les plus riches.

Africa50 multiplie déjà les opérations dans plusieurs régions du continent. En décembre, le fonds a conclu un accord avec l’indien PowerGrid et les autorités kényanes pour développer 311 millions de dollars de lignes électriques à haute tension dans le cadre d’un partenariat public-privé.

D’autres investissements ont été réalisés dans la production d’électricité au Nigeria, en Égypte, au Cameroun et à Madagascar. Africa50 est également présent dans les technologies de l’information au Rwanda ainsi que dans des entreprises régionales du secteur de la santé.

Depuis son siège casablancais, le fonds développe parallèlement un modèle fondé sur la cession-bail d’actifs d’infrastructure. Ce mécanisme permet aux États de recevoir des paiements initiaux en contrepartie de droits d’exploitation accordés au fonds.

Cette formule a notamment été retenue pour le pont de la Sénégambie, qui relie le Sénégal à la Gambie. Africa50 y perçoit les péages tout en assurant la maintenance et la modernisation de l’ouvrage, en plus du versement de paiements forfaitaires.

À terme, cette activité pourrait représenter entre un cinquième et un quart du portefeuille du fonds. Avec son objectif de dépasser 20 milliards de dollars de projets accompagnés, Africa50 entend ainsi renforcer depuis le Maroc son poids dans le financement des grandes infrastructures africaines.

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