Un an après son annonce, le partenariat noué autour de TAQA Morocco continue de structurer les perspectives du secteur, davantage par son ampleur que par son degré d’avancement. L’accord conclu en 2025 avec l’État, Nareva, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement s’appuie sur un programme évalué à près de 130 milliards de dirhams à l’horizon 2030 .
Ce dispositif agrège plusieurs projets de grande taille. Sur le volet énergétique, il prévoit le développement d’environ 1 200 mégawatts de nouvelles capacités renouvelables, ainsi que la mise en place de centrales à gaz destinées à renforcer la production pilotable. L’objectif consiste à stabiliser le réseau tout en accompagnant la montée en puissance des énergies vertes .
L’infrastructure de transport constitue un autre pilier du programme. Une ligne à courant continu d’une capacité d’environ 3 000 mégawatts, sur près de 2 800 kilomètres, doit relier différentes zones du Royaume afin de fluidifier l’acheminement de l’électricité et faciliter l’intégration des nouvelles capacités de production .
Le volet hydrique atteint une échelle comparable. Le projet prévoit le déploiement de plusieurs unités de dessalement, avec une capacité globale pouvant atteindre 900 millions de mètres cubes par an dans une première phase, appelée à être doublée par la suite. À cela s’ajoute un réseau de transfert d’eau estimé à 1,2 milliard de mètres cubes par an, destiné à sécuriser l’approvisionnement des zones sous pression .
L’ensemble dessine une architecture intégrée où énergie et eau sont traitées comme un seul système. L’électricité produite doit alimenter les installations de dessalement, tandis que les nouvelles infrastructures de transport permettent d’équilibrer les flux à l’échelle nationale. Cette approche traduit une évolution dans la conception des grands projets, qui ne sont plus sectoriels mais pensés comme des ensembles interdépendants.
Pour autant, le rapport situe encore ce programme dans une phase de structuration. Aucun chantier directement rattaché à cet accord n’est présenté comme opérationnel à ce stade. Les éléments avancés concernent la planification, la mobilisation des partenaires et la définition des périmètres techniques. Les premières réalisations observées chez TAQA Morocco relèvent pour l’instant d’initiatives parallèles.
Ce décalage entre ambition et exécution souligne la nature du projet. Il s’inscrit dans un calendrier étalé sur plusieurs années, avec une montée en charge progressive. Sa portée repose moins sur des réalisations immédiates que sur la capacité à transformer ces volumes d’investissement en infrastructures effectives, dans un contexte où les besoins énergétiques et hydriques continuent de croître.



