Le dirham marocain a terminé le mois de septembre 2026 en baisse face aux principales devises internationales. Selon le rapport mensuel de BMCE Capital Global Research, le dollar américain s’est apprécié de 4,10 % face à la monnaie nationale, tandis que l’euro a progressé de 1,78 %. Cette évolution s’explique à la fois par le renforcement du billet vert sur les marchés mondiaux et par les conditions observées sur le marché marocain des changes.
Au 30 septembre, le dollar s’échangeait à 9,6823 dirhams, contre 10,9981 dirhams pour l’euro. Depuis le début de l’année, les deux monnaies affichaient des hausses respectives de 6,07 % et 2,67 % face au dirham.
La dépréciation de la monnaie marocaine face au dollar résulte principalement de l’évolution du marché domestique. Les calculs de BMCE Capital attribuent 2,60 points de pourcentage de la progression mensuelle de la paire USD/MAD à cet effet, contre 1,50 point à la composition du panier de référence du dirham.
Le raffermissement du dollar sur les marchés internationaux a donc contribué à cette évolution, mais les mouvements enregistrés au Maroc en ont accentué l’ampleur.
La situation est différente pour l’euro. Malgré son affaiblissement face à la devise américaine, la monnaie européenne a également gagné du terrain face au dirham. L’effet lié au panier de devises, négatif à hauteur de 0,82 point, a été plus que compensé par la contribution du marché domestique, estimée à 2,60 points.
Les autres monnaies suivies par BMCE Capital ont connu des évolutions similaires. La livre sterling a progressé de 2,28 % face au dirham en septembre, pour atteindre 12,8882 dirhams. Le dollar canadien s’est apprécié de 1,68 %, à 6,8263 dirhams.
Sur les marchés internationaux, le dollar américain a bénéficié d’un changement dans les anticipations des investisseurs concernant la politique monétaire des États-Unis. La perspective de taux d’intérêt élevés pendant une période prolongée a renforcé son attractivité.
La Réserve fédérale américaine a relevé ses taux directeurs de 25 points de base à la mi-septembre, selon le rapport. Cette décision, accompagnée d’une communication restrictive, a soutenu la devise américaine.
L’indice DXY, qui mesure la valeur du dollar face à un ensemble de grandes monnaies, a ainsi augmenté de 2,03 % sur le mois.
À l’inverse, l’euro a perdu 2,23 % face au dollar en septembre, pour terminer la période à 1,1359 dollar. Les préoccupations concernant les finances publiques françaises, les perspectives économiques de la zone euro et le niveau élevé des prix de l’énergie ont pesé sur la monnaie unique.
Le franc suisse n’a pas pleinement profité de ce climat d’incertitude. Il a reculé de 0,83 % face à l’euro et de 3,28 % face au dollar, les investisseurs privilégiant davantage la monnaie américaine.
Les fluctuations du dirham se reflètent également dans les indicateurs de volatilité suivis par BMCE Capital. Sur un mois, celle de la paire USD/MAD s’établissait à 3,87 %, contre 2,51 % pour l’EUR/MAD. La livre sterling présentait une volatilité plus élevée, à 5,25 % face à la monnaie marocaine.
Après cette dépréciation de septembre, BMCE Capital envisage une évolution différente des taux de change au cours des prochains mois.
À trois mois, les analystes anticipent un dollar à 9,285 dirhams et un euro à 10,86 dirhams. Ces projections reposent notamment sur une remontée attendue de la paire EUR/USD vers 1,17 et sur une légère diminution des écarts de liquidité sur le marché des changes.
À six mois, les estimations situent le dollar à 9,38 dirhams et l’euro à 10,97 dirhams. Elles intègrent cette fois une augmentation des écarts de liquidité, tout en maintenant une prévision de 1,17 dollar pour un euro.
Ces niveaux constituent des anticipations de BMCE Capital et non des cours garantis. Leur réalisation dépendra notamment de l’évolution des marchés internationaux et des conditions de liquidité au Maroc.
Le rapport de septembre met ainsi en évidence une dépréciation simultanée du dirham face au dollar et à l’euro, malgré les trajectoires divergentes des deux monnaies sur les marchés internationaux. Les prévisions de BMCE Capital tablent toutefois sur des cours inférieurs à ceux enregistrés fin septembre pour les deux devises au cours des prochains mois.


