Le Maroc est devenu en 2025 le principal fournisseur d’engrais de l’Union européenne, selon les données les plus récentes publiées par Eurostat. Avec 19 % des volumes importés, le Royaume passe devant la Russie (12,8 %) et l’Égypte (12 %), dans un contexte de reconfiguration profonde des chaînes agricoles du continent.
Ce basculement marque un tournant stratégique. Depuis le début du conflit en Ukraine, l’UE a réduit progressivement sa dépendance vis-à-vis de Moscou pour l’approvisionnement en matières premières sensibles, notamment dans le secteur agricole. Les engrais, produits à partir de gaz et de phosphates, ont été particulièrement touchés par les tensions géopolitiques et les sanctions ciblées.
Le Maroc, grâce à son modèle stable et à l’expertise consolidée de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), a su se positionner comme alternative fiable. Soutenu par une politique d’investissement massif dans les capacités de production et la logistique, le groupe a accompagné cette montée en puissance sur le marché européen. L’accès direct aux phosphates, dont le Maroc détient plus de 70 % des réserves mondiales connues, reste un atout déterminant.
Au-delà des volumes, cette progression consacre le Maroc comme acteur central de la sécurité alimentaire européenne. Dans un contexte d’inflation agricole, de dérèglement climatique et de tensions sur les engrais azotés, l’UE cherche à sécuriser ses approvisionnements tout en diversifiant ses partenaires stratégiques. Le Royaume a su répondre présent, combinant compétitivité, stabilité d’approvisionnement et fiabilité diplomatique.
La Russie, longtemps en tête, recule dans les classements. Si elle reste un fournisseur important pour certains pays, son isolement progressif au sein des flux commerciaux agricoles pèse sur sa part de marché. L’Égypte, de son côté, confirme son rôle croissant dans la filière, mais reste derrière le Maroc en volume.
