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Face à la pénurie, l’export de sardines congelées sera interdit dès le 1er février

Pénurie de sardines : plus d'export à partir du 1er février
Pénurie de sardines : plus d'export à partir du 1er février

Face à la raréfaction des stocks de sardines, le gouvernement a décidé de suspendre, à partir du 1er février 2026, toute exportation de sardines congelées. Cette mesure vise à garantir un approvisionnement suffisant du marché local et à préserver une ressource halieutique devenue fragile.

Interpellée à la Chambre des représentants sur la hausse des prix du poisson et la pression qui pèse sur certaines espèces, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a défendu la politique actuelle. Elle a souligné que, malgré les tensions, les prix restaient « relativement raisonnables », compte tenu de plusieurs facteurs : conditions climatiques, coût des sorties en mer, logistique, ou encore marges pratiquées par les intermédiaires.

Elle a également insisté sur les efforts déployés pour alimenter les marchés en produits de la mer et encadrer les pratiques spéculatives. Rappelant que 80 % des réserves halieutiques nationales sont composées de poissons pélagiques, principalement sardines et maquereaux, elle a affirmé que la priorité actuelle était de protéger ces stocks.

C’est dans ce contexte que l’interdiction de l’exportation de sardines congelées entrera en vigueur début février. Une mesure adoptée en concertation avec le ministère de l’Industrie, en réponse directe à une situation de pénurie. Elle devrait permettre de stabiliser l’offre sur le marché intérieur et, à terme, contenir les prix.

La secrétaire d’État a également annoncé des actions ciblées pendant le mois de ramadan, destinées à sécuriser la disponibilité du poisson congelé pour la consommation locale.

La décision intervient alors que les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme. Selon l’Office national des pêches, les débarquements de sardines ont chuté de 46 % entre 2022 et 2024. Le volume est passé de 965 000 à 525 000 tonnes en deux ans. L’Union nationale des industries de la conserve (UNICOP) alerte sur les risques sociaux de cette crise, évoquant 35 000 emplois menacés et une baisse d’activité de moitié dans les usines de transformation.

En parallèle, les autorités poursuivent la modernisation du secteur. Soixante-huit marchés de première vente ont déjà été digitalisés, selon la secrétaire d’État, avec un système garantissant transparence et traçabilité. Ce chantier s’étend aux zones de pêche, où les navires sont désormais suivis par satellite.

Le gouvernement a également déployé un système d’identification par radiofréquence (RFID) pour contrôler les barques artisanales autorisées. La digitalisation couvre enfin la recherche scientifique, les plans d’aménagement et la filière commerciale des produits de la mer.

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