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dimanche 30 novembre 2025

FIFM : À Marrakech, Virginie Efira et Chiara Mastroianni défendent un cinéma libre

À Marrakech, Virginie Efira et Chiara Mastroianni ont défendu une idée du cinéma qui refuse de se plier aux lois du rendement. Dimanche, dans le cadre du programme « Conversations », les deux actrices ont partagé leur attachement à un art libre, capable de prendre des risques, d’explorer des territoires inconfortables et d’ouvrir aux comédiens des rôles inattendus.

La comédienne belge et son homologue franco-italienne ont exprimé leurs inquiétudes face à un système de production de plus en plus dominé par les critères financiers. Selon elles, l’obsession de la rentabilité pénalise l’audace. L’originalité, ont-elles regretté, tend à faire peur dès lors qu’elle ne garantit pas un retour sur investissement immédiat.

Toutes deux ont dit leur foi dans un cinéma qui embrasse les contradictions. Larmes et éclats de rire, réalisme brut et dérives oniriques, évidence et mystère. Cette capacité à naviguer dans les zones grises, à dire ce qui ne se formule pas, reste pour elles au cœur de la grandeur du 7e art.

Elles ont également salué la richesse narrative des récits familiaux, qu’elles considèrent comme une source inépuisable de matière cinématographique. Fractures, élans affectifs, silences ou retrouvailles nourrissent des histoires dans lesquelles chacun peut se reconnaître, quel que soit son parcours.

Les deux artistes ont évoqué leur attirance pour les films qu’elles qualifient de « sursignifiants ». Des œuvres où la mise en scène épouse la pensée, tout en ménageant un espace pour l’interprétation. Selon elles, un film peut susciter une adhésion intime sans que le spectateur en saisisse immédiatement tous les ressorts. Cette tension entre émotion et compréhension permettrait de créer un lien fort avec le réalisateur.

Le programme « Conversations », devenu l’un des temps forts du Festival International du Film de Marrakech, placé sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, propose chaque année une série de dialogues avec les grandes figures du cinéma mondial. Ces rencontres permettent à celles et ceux qui font le cinéma, devant ou derrière la caméra, de partager leur vision du métier et de revenir sur leur parcours.

Pour cette 22e édition, plusieurs personnalités majeures sont attendues. Bong Joon Ho, Palme d’or à Cannes et couronné aux Oscars pour « Parasite », Guillermo del Toro, triple lauréat de l’Académie avec « La Forme de l’eau » et « Pinocchio », mais aussi Andrew Dominik, cinéaste australien au style affirmé, Laurence Fishburne, icône du cinéma américain, Jodie Foster, doublement oscarisée, ou encore Karan Johar, incontournable dans le paysage de Bollywood.

Ces échanges, sobres dans leur forme mais exigeants dans leur fond, offrent un regard précieux sur la manière de créer, de jouer, de filmer et de transmettre. À contre-courant des logiques industrielles, ils rappellent que le cinéma peut encore s’écrire comme un geste de liberté.

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