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jeudi 5 février 2026

IDE : bond de 74 % pour le Maroc en 2025

Le Maroc renforce sa place sur l’échiquier industriel mondial. En 2025, les investissements directs étrangers ont connu une nette accélération, atteignant près de 28,4 milliards de dirhams, selon les chiffres publiés par l’Office des Changes. Ce bond de plus de 74 % par rapport à l’année précédente témoigne d’un regain de confiance des investisseurs dans un contexte international pourtant marqué par des incertitudes et une redéfinition des chaînes de valeur.

Ce dynamisme s’appuie sur des réformes engagées en profondeur pour moderniser l’environnement des affaires, clarifier le cadre réglementaire de l’investissement et stimuler la compétitivité globale. Résultat, les capitaux étrangers se dirigent désormais vers des secteurs à forte valeur ajoutée comme l’automobile, l’aéronautique, l’énergie, les mines, le transport, le tourisme, l’immobilier ou encore le commerce.

La stabilité du Royaume, son ouverture économique et ses infrastructures de haut niveau en font une plateforme recherchée dans un monde où les grandes puissances industrielles réévaluent leurs implantations. Le Maroc répond aux exigences nouvelles des groupes internationaux, en quête de sécurité, de proximité et de durabilité.

Pour Mohamed Benchekroun, professeur d’université, cette dynamique s’inscrit dans un mouvement global de relocalisation industrielle. Selon lui, les acteurs mondiaux orientent de plus en plus leurs investissements vers des pays capables d’offrir à la fois visibilité politique, logistique efficiente et accès fluide aux marchés. Dans cette logique, le Maroc capte une partie croissante des flux venus d’Europe et d’Asie, notamment dans une optique de régionalisation des chaînes de production.

Il insiste par ailleurs sur le rôle structurant de la stratégie industrielle portée par S.M. le Roi Mohammed VI, en particulier autour de l’industrie verte. Avec plus de 40 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique et un objectif fixé à 52 % d’ici 2030, le Royaume propose aux investisseurs une offre énergétique fiable, compétitive et décarbonée, aujourd’hui devenue un facteur différenciant essentiel.

Les atouts logistiques du Maroc complètent ce tableau. Tanger Med s’impose comme un hub portuaire de classe mondiale, bientôt renforcé par Nador West Med. À quelques jours de navigation de l’Europe, ces plateformes maritimes connectent efficacement les unités de production locales aux marchés mondiaux.

Sur le plan industriel, le Maroc monte également en gamme. Dans l’automobile, le taux d’intégration locale dépasse 65 %, tandis que l’aéronautique approche les 60 %, avec des perspectives de croissance sur les composants à haute valeur ajoutée. Une évolution qui traduit une volonté claire d’aller au-delà de l’assemblage pour construire un tissu industriel complet, tourné vers l’innovation.

À plus long terme, les provinces du Sud s’affirment comme un nouvel horizon stratégique. Riches en foncier, dotées d’un fort potentiel énergétique et tournées vers l’Atlantique, elles attirent déjà des projets dans l’hydrogène vert, la logistique, la pêche ou encore les services maritimes. Pour Mohamed Benchekroun, le véritable enjeu sera d’y attirer des filières industrielles complètes, intégrant recherche, production et export.

Dans un monde où la compétition pour les capitaux s’intensifie et où les impératifs de durabilité guident de plus en plus les décisions, le Maroc franchit un cap. Plus qu’un simple récepteur de flux financiers, le Royaume s’affirme comme une plateforme industrielle intégrée, capable de transformer l’attractivité en levier de croissance durable, de création d’emplois qualifiés et de souveraineté économique.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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