Face aux incertitudes qui pèsent sur sa base industrielle en Afrique du Sud, Volkswagen explore d’autres plateformes capables d’assurer sa compétitivité à moyen et long terme. Parmi les pistes étudiées figure le Maroc, cité par des sources sectorielles comme une option crédible dans les arbitrages en cours.
Le groupe allemand, implanté depuis près de huit décennies en Afrique du Sud, est confronté à une baisse de production et à des tensions récurrentes sur l’approvisionnement électrique. À cela s’ajoutent des coûts énergétiques élevés, des défis liés à la transition vers des sources d’énergie plus propres et un environnement réglementaire plus exigeant sur le plan des émissions carbone. Dans ce contexte, la performance du site de Kariega est scrutée alors que les décisions stratégiques à l’horizon 2030 se préparent.
Le Maroc présente plusieurs atouts susceptibles de peser dans la balance. Le pays dispose d’un écosystème automobile structuré, adossé à une chaîne d’approvisionnement intégrée et à une base industrielle en croissance. Les plateformes de Tanger et Kénitra ont permis l’émergence d’un tissu de fournisseurs locaux et internationaux, favorisant la montée en cadence et la maîtrise des coûts.
L’environnement énergétique constitue un autre facteur déterminant. Le Maroc a engagé depuis plusieurs années une diversification de son mix électrique avec une part croissante des énergies renouvelables, offrant une visibilité appréciée par les industriels soumis aux exigences environnementales européennes.
Sur le plan logistique, la proximité avec le marché européen représente un avantage stratégique. Les infrastructures portuaires, notamment Tanger Med, assurent des liaisons rapides avec les principaux hubs du continent, réduisant les délais et optimisant les flux d’exportation.
La stabilité macroéconomique et la continuité des politiques industrielles renforcent également l’attractivité du Royaume. Les dispositifs d’accompagnement à l’investissement et la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée contribuent à consolider la position du pays comme plateforme automobile compétitive.
À ce stade, aucune décision officielle n’a été annoncée par Volkswagen. Mais dans un contexte de recomposition industrielle, le Maroc apparaît comme une alternative sérieuse pour un constructeur en quête de fiabilité énergétique, d’efficacité logistique et de compétitivité à long terme.
