La région Fès-Meknès se dotera d’un futur hub logistique de 750 MDH

La région Fès-Meknès engage un nouveau chantier logistique d’envergure. Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a présidé, mercredi à Moulay Yacoub, le lancement officiel des travaux d’aménagement de la future zone logistique de Fès. Le projet mobilise un investissement public de près de 275 millions de dirhams.

Portée par l’Agence marocaine de développement de la logistique, en partenariat avec le Conseil de la région Fès-Meknès, cette plateforme s’inscrit dans la stratégie nationale dédiée à l’amélioration de la compétitivité logistique. Les travaux doivent s’étaler sur 18 mois, avec une mise à disposition des premières parcelles aménagées prévue dès 2027.

La première tranche couvrira 32 hectares, sur une assiette foncière globale de 100 hectares. Elle accueillera des entrepôts modernes, des espaces de stockage frigorifique et des services spécialisés dans le transport et la logistique. Située aux portes de Fès, à proximité des grands axes, la plateforme doit répondre aux besoins du Grand Est du Royaume et accompagner la montée en puissance économique de la région.

Le projet vise à mieux organiser les flux de marchandises, réduire les coûts logistiques des entreprises et faciliter l’accès aux marchés nationaux et internationaux. Il doit aussi renforcer l’attractivité de Fès-Meknès, soutenir les activités de transport, d’entreposage et de distribution, et ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement.

Pour Abdessamad Kayouh, cette future zone traduit les Hautes Orientations de S.M le Roi Mohammed VI en faveur d’un développement territorial équilibré, d’une régionalisation avancée et d’une économie nationale plus compétitive. Le ministre a souligné que cette infrastructure dépasse le cadre d’un simple équipement, en la présentant comme un levier stratégique pour accompagner la dynamique économique régionale.

La plateforme doit permettre de regrouper les activités logistiques dans un espace dédié. Cette organisation contribuera à limiter les trajets à vide, à désengorger les centres urbains et à réduire les opérations de manutention inutiles. Elle devrait aussi améliorer la fiabilité des délais de livraison et renforcer l’efficacité des chaînes d’approvisionnement.

Le ministre a également insisté sur l’effet attendu sur les entreprises industrielles, agricoles, commerciales et de distribution. La disponibilité d’un foncier logistique aménagé doit leur permettre d’optimiser leurs stocks, d’améliorer la qualité de leurs prestations et d’élargir leurs débouchés.

La dimension sociale du projet a aussi été mise en avant. La future zone devrait générer des emplois directs et indirects dans les plateformes logistiques, le transport, la maintenance et les services liés. Elle pourrait également permettre à plusieurs professionnels d’intégrer le secteur formel, d’améliorer leurs conditions de travail et d’accéder à des services logistiques mieux structurés.

L’impact environnemental fait partie des objectifs affichés. En organisant les flux, en optimisant les itinéraires de transport et en mettant en place des infrastructures adaptées, la plateforme doit contribuer à réduire les émissions de dioxyde de carbone liées au transport de marchandises.

Ghassane El Machrafi, directeur général de l’AMDL, a qualifié le lancement de cette première tranche d’étape importante pour le renforcement des infrastructures logistiques nationales. Il a rappelé que le projet bénéficie d’une réserve foncière de 100 hectares, permettant de futures extensions selon l’évolution des besoins des opérateurs.

L’AMDL prévoit de lancer la commercialisation officielle au début de l’année 2027. La réussite de cette première phase devra ouvrir la voie aux étapes suivantes. Près de 400.000 mètres carrés de terrains aménagés seront mis à la disposition des opérateurs, pour accueillir des investissements dans le transport, le stockage et les services connexes.

L’emplacement de la zone constitue l’un de ses principaux atouts. Sa proximité avec l’autoroute, son accès direct à Fès et sa connexion avec des pôles économiques comme Casablanca et le port Nador West Med renforcent sa vocation de futur hub logistique. L’entrée en service attendue de Nador West Med donne à cette plateforme une dimension supplémentaire dans l’organisation des flux à l’échelle du Grand Est.

Le directeur général de l’AMDL a aussi rappelé les incitations désormais ouvertes au secteur logistique dans le cadre de la Charte de l’investissement. Les projets dépassant 50 millions de dirhams, ainsi que les petites et moyennes entreprises éligibles, peuvent bénéficier de primes représentant entre 10 et 20 pour cent du montant de l’investissement.

Pour Abdelouahed El Ansari, président du Conseil de la région Fès-Meknès, cette zone logistique s’inscrit dans la Vision Royale visant à promouvoir un développement territorial inclusif et à renforcer la prospérité économique dans toutes les régions du Royaume. Il a estimé que la plateforme jouera un rôle central dans l’ouverture de Fès-Meknès sur son environnement national et international.

Le projet de Fès s’ajoute à une dynamique plus large conduite par l’AMDL. Avec ce chantier, l’Agence dépasse le cap des 500 hectares de zones logistiques en cours de développement, au-delà du rythme prévu à l’horizon 2028. Cette avancée marque une nouvelle étape dans la construction d’un réseau national de plateformes modernes, au service de la compétitivité de l’économie et d’un développement territorial plus équilibré.

La stratégie régionale ne s’arrête pas à cette plateforme. Abdessamad Kayouh a rappelé que le ministère travaille aussi au développement du centre routier d’El Hajeb, destiné aux professionnels du transport routier. Ce site offrira des espaces d’accueil, de stationnement et de maintenance, tout en contribuant à améliorer les conditions de travail et la sécurité routière.

Associé à la future zone logistique de Fès, ce centre doit renforcer l’écosystème régional du transport et de la logistique. L’ensemble vise à faire de Fès-Meknès un pôle plus compétitif, mieux connecté et mieux armé pour attirer les investissements.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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